30/06/2005

Avec le temps....

Je le regardais ce matin, pendant le petit déjeuner...Il était là, les yeux au loin, dans le vague, il se grattait l'oreille distraitement, comme perdu dans ses pensées. Sans un mot. Sans un regard vers moi.

Avec le temps, nos relations se sont faites plus distantes. Il va, il vient. J'ai toujours mis un point d'honneur à ne pas perturber son indépendance. Le mâle n'aime pas être étouffé! C'étaient des règles de cohabitation que nous avions élaboré tacitement. D'ailleurs, lui non plus ne m'empêche pas de sortir à ma guise. Mais ces dernières années, il semble parfois m'ignorer, comme si je n'étais bonne qu'à lui faire à manger et à le servir.

Où sont passées ses années de jeunesse? Lorsque nous faisions de longs câlins sur le canapé. C'est bien simple, je ne pouvais pas m'y asseoir un instant sans qu'il me saute dessus. C'est vrai que l'arrivée des enfants n'a rien arrangé. Nos moments de solitude sont bien rares! Même ses relations avec les enfants ont changé. Il est avec eux plus irritable, moins patient. Avant, ils se lançaient dans des parties endiablées. Aujourd'hui, il fuit sous un prétexte futile dès que la tribu se fait trop envahissante. Lui autrefois si doux et si tendre, où sont passés ses regards langoureux, ses caresses??

C'est vrai qu'il a vieilli. Il n'a plus la fière allure qui le caractérisait lorsqu'il s'est installé chez moi. Autrefois plein d'entrain, il me fait presque pitié à somnoler pour un rien devant la télé.

Mais je l'aime encore.










Ah, mon Bidou, t'as vieilli mais on t'aime bien, tu sais!


29/06/2005

Zzzzzzzzzzzz

En arrivant ce soir au terrier, j'étais creuvée: deux jours d'affilé à selectionner des étudiants pour l'entrée à un IUP Tourisme.

Dans une chaleur proche de celle d'un four en pyrolise, des étudiants dégoulinants de sueur (pire que Baudis devant les caméras) tentaient de nous convaincre qu'ils étaient méga motivés pour venir bosser avec nous, des profs super cools mondialement connus pour leurs compétences hors pair. Certains avaient de grosses taches sur leurs Tshirts, preuves de l' émotion très sudoripare qu'avait dû provoquer le stress de l'épreuve. Leurs mains moites laissaient des marques grasses sur les tables. L'atmosphère saturée d'effluves de transpiration et de pieds poites était d'une touffeur qui prenait à la gorge. Et nous, les profs super cools mondialement connus pour nos compétences hors pair, nous tentions vainement de ne pas succomber à l'appel frénétique d'un besoin irrépressible de caféine et de clopes (enfin, surtout moi, les autres sont des gens bien!!)

Entre le gars qui arrive avec son Power Point pour te présenter un vague projet qui ne ressemble à rien, celui qui parle si bas, comme s'il craignait vraiment de te réveiller pendant la sieste, que tu crains subitement d'avoir une chute d'audition (ma mère ma l'avait bien dit de ne pas écouter la musique si fort!!), celui qui bluffe en tous points ("je suis bilingue...hein?, qu'est-ce que vous dites?...euh, en fait, l'espagnol je l'ai pratiqué une semaine à la plage à Barcelone").... bref, rien de très passionant. Et dire que là-dedans, il y a une partie de mes étudiants de l'an prochain... Enfin, faut voir le bon côté, en septembre, ils se seront douchés!

Donc, du coup, lorsque je suis arrivée au terrier, pendant que les marmottons se baignaient (oui, je sais, je fais partie des veinards qui ont une piscine)....j'ai fait une pause chaise-longue! J'avais amené mon bouquin du moment et ...le pied! Les rayons du soleil à 7 h du soir sont à la température idéale, le maillot mouillé laisse une fraicheur bienfaisante sur un corps qui a cuit dans son jus toute la journée...


Le problème c'est qu'arrivée à la seconde page de mon roman, mes yeux ont commencé à cligner plus que de raison, m'obligeant à relire éternellement la même phrase, mes paupières sont devenues lourdes, très lourdes (eh! oh! restez là, ceci n'est pas une séance d'hypnose). J'ai donc posé mon livre, obéissant à la demande presante de mon corps de marquer une pause, ma foi bien méritée. Je me suis dit qu'il fallait profiter de l'occasion qui m'était donnée d'être un peu au calme pour réfléchir à la note que j'allais écrire le soir...

Tiens! Si je racontais comment tous les feux rouges de la ville étaient en panne le matin à cause du gros orage de la nuit et la panique que cela provoquait: les timides qui n'osaient s'aventurer dans les ronds-points, les arrogants dans leurs gros 4X4 qui ne s'arrêtaient pas ("m'en fout, je suis le plus gros, que les autres s'arrêtent"), les vieux (ah, les vieux au volant!!!) qui gesticulaient dans leur Peugeot 309 au beau milieu du croisement...
Ou bien si je racontais comment un collègue, placé à l'aile à la table de jury, en profitait pour mater les tatouages ou les strings des filles à la naissances des fesses, et faisaient des commentaires salaces entre deux passages d'étudiants (pourvu qu'il n'ai pas vu le mien à côté de lui!!)
Ou encore si j'écrivais un poème, une ode à la bière bien fraîche ou un sonnet à la gloire du Cabernet d'Anjou frappé...
Ou plutôt, si j'imaginais un jeu à la con (non, mince, ça c'est déjà fait)

Et puis...

Et puis trou noir. Rien. Plus rien. Les vociférations des marmottons se sont faites plus lointaines et ont complètement disparu.
Si les éclaboussures d'une bombe savamment située tout près de moi (je ne veux pas savoir lequel des marmottons a eu l'outrecuidance de viser la reine-mère en plein songe) ne m'avait pas réveillée d'un coup, j'aurais certainement passé la nuit sur ma chaise-longue.

Donc, du coup, j'ai perdu les idées géniales (si, si) qui auraient alimenté une note sans pareille. Tant pis.
ça me rappelle un des sujet de philo quand j'ai passé le bac (juste après le paléolithique):
"Parler pour ne rien dire".
A méditer, m'sieur dame.

26/06/2005

Mens sana...


Vous ne devinerez jamais à quoi j'ai pu occuper mon temps alors que mon fidèle ordi était en arrêt maladie???

Vous vous dites sans doute "tiens, elle a dû en profiter pour finir de corriger ses 80 foutues copies" Certes, c'est vrai, ça y est, j'en suis débarrassée, les vraies vacances commencent...mais rien de très exceptionnel à tout cela. Cette basse corvée fait -à mon grand dam- partie du boulot et je m'y suis, bon gré mal gré, habituée.

Vous imaginez sans doute que, tenaillée par le désespoir de voir mon portable sans doute relégué à jamais au rang de ferblanterie sans valeur, je me lançais dans des incantations sans fin en tournoyant autour du bureau et en implorant le dieu Microsoft de m'épargner....ou que sombrant dans la déprime la plus sordide, je noyais mon insondable chagrin dans de l'alcool fort? Foin de tout cela!

D'aucuns m'imaginait déjà partie en vacances avec ma tribu de marmottons en file indienne...C'est mal me connaître: je dis toujours au revoir avant de partir. On peut être marmotte et n'en être pas moins un tant soit peu éduquée!


Un jour...J'AI FAIT DU SPORT.

Si.

Moi.

Je sens dans vos yeux ébahis quelque lueur dubitative. Comment? Une marmotte, c'est bien connu, ne pense qu'à flâner, le nez au vent, dès qu'elle sort du terrier. Allergique à tout effort physique superflu, elle n'a de cesse de dorer sa fourrure aux rayons du soleil et de bâffrer la moindre baie alentours (surtout pas trop loin!).

En fait, il s'agissait d'une fête organisée dans ma commune. Je n'ai pas senti venir le guet-apens, le coup foireux que me préparaient mes amis. Pour moi, le mot "fête" n'évoque en rien un quelconque effort physique (se trémousser dans une boîte de nuit sur des rythmes endiablés, lever son coude jusqu'à un comptoir...ne me semblent pas être des épreuves admises aux JO, du moins à ma connaissance).

C'est lorsqu'on m'a expliqué qu'il faudrait que je sois chaussée de baskets et vêtue d'une tenue de sport...que mon sourcil s'est froncé! La fête en question comportait une animation, le "défi sport", où des équipes de potes, de familles, de voisins, allaient s'affronter dans des épreuves aussi diverses que l'escalade, le judo, le foot, le rugby ou le tir à l'arc...

AAAAAAAAAAARRRRRRRRRGGGGGGGGG!

J'étais prise au piège. D'un côté, j'étais désamparée à l'idée de me ridiculiser en public; mais je suis une marmotte d'honneur et j'ai ma fierté: j'y suis donc allée. "Tu veras, on va se marrer!"...Tu parles! Mes baskets éblouissaient tout le monde de blancheur tant ils étaient neufs!
Il a fallu que de surcroît tous les gens que je connaissais se donnent rendez-vous là. "Vous ici? Quelle bonne surprise!" (et en même temps, je pensais: "merde, encore un qui m'aura vue en short!"). J'ai même retrouvé des étudiants à moi qui avaient eu la bonne idée de former une équipe! A la rentrée ils n'auront plus qu'à m'imaginer en short pour que s'écroule le monument d'autorité qui me caractérise (!!)...
Je vous passerai les détails des épreuves: comment je suis restée accrochée à un mètre du sommet du mur d'escalade, à ne pas pouvoir défaire les noeuds formé avec mes membres, comment j'ai invoqué Saint Tony Parker de rendre ces foutus paniers plus larges, comment j'ai bassement triché au judo pour tomber contre un gamin de 12 ans, comment j'ai embobiné le jury de foot pourque je puisse avoir plusieurs essais non comptabilisés -peine perdue puisque j'ai râté les cages à chaque fois-, comment j'ai carotté un mètre au rugby pour me rapprocher des poteaux....

Résultat sans surprise: nous sommes arrivés 23° sur 29 équipes (dont 2 ont abandonné et une était formée de gamins). L'épreuve n'a fait que confirmer ce que je savais déjà: je n'aime pas le sport, et il me le rend bien! (impossible de lever le bras le lendemain à cause du tir à l'arc et de monter un escalier à cause de tout le reste).

Je dois avouer qu'on s'est bien marré quand même (les autres n'étant guère meilleurs que moi!), surtout lorsque ce suplice a été terminé et qu'on s'est retrouvé autour d'une bonne bière bien fraîche.

Il n'y a pas à dire, ce que je préfère dans le sport, c'est la troisième mi-temps!

Happy birthday...




Hier, le jour fatidique est arrivé. Nous avions eu beau reculer la date, traîner des pieds, tourner autour du pot, se renvoyer la balle, la marmotte en chef et moi (sujet qui tournait rapidement au vinaigre d'ailleurs)...il a fallu se rendre à l'évidence, on ne pouvait plus reculer, la fin de l'année scolaire arrivant à grands pas.

Subissant une pression continue, lancinante, il a fallu bloquer le samedi pour....fêter l'anniversaire de la marmottone cadette! Pour information, elle est née en décembre, c'est dire que nous n'avons plus de semelles à force de traîner des pieds! Au début, c'était facile, "ma puce, on le fêtera avec tes copines aux beaux jours" (imaginez les dégâts causés par une horde de petites chipies de 8 ans enfermées dans la maison pour cause de pluie: le gâteau au chocolat collé sur le tapis, l'Oasis tropical renversé et le sol tout collant, les chambres des gosses transformées en champ de bataille, le chat teint en rose et des Malabars Acid collés en boule sous la table (vestige de la grand-mère paternelle)... Mais les beaux jours sont arrivés et nos alibis se sont taris ("non, ma puce, pas samedi prochain, papa va au golf", hum, ça ne tenait pas!)

Voilà donc la horde de chipies cantonnées dans le jardin. Elles peuvent toujours renverser le Coca par terre, ça arrosera un peu l'herbe par ces temps de rationnement d'eau. En les regardant sautiller partout en poussant régulièrement des petits cris aigus (vivement qu'ils muent)...je me demandais qu'elle était cette manie qu'ont tous les parents de proposer à leur progéniture en bas âge une fête inutile et stupide. Dans l'école des marmottons, ça commence dès la maternelle (le petit dernier est prévenu, il n'aura pas de fête avant l'âge de raison, non mais, déjà les filles, ça fait des dégâts, alors je n'ose imaginer les ruines fumantes que laisserait une armée de petits mecs!!).

Le pire c'est que ça devient une surenchère entre parents, à celui qui offrira la plus belle, la plus impressionnante teuf à ses gnomes. Je passe sur tous les parents qui bottent en touche, chez mac Do, histoire de ne pas avoir d'emmerdes chez eux: steack haché à 4 heures dans une odeur de fritaille insoutenable et hôtesse au sourire de circonstance collé aux lèvres qui tente d'occuper une nuée de nains! J'ai prévenu les marmottons, ça jamais, moi vivante, ils ne fêteront jamais leur anniversaire chez Ronaldo! Il existe même des parents qui s'offrent les services d'un clown ou louent carrément un château gonflable dans leur jardin (pour les 18 ans de leurs chérubins, j'imagine qu'ils affrèteront un charter via Ibiza pour que la fête soit à la hauteur).

Comprends pas.

Le pire c'est que parmi les petites chipies invitées hier (qui devaient se croire obligées d'amener un cadeau), l'une d'elle a offert.......un Tamagotchi! Horreur, moi qui ai fait de la résistance toute l'année, me voilà obligée de supporter cet infâme gadget sous mon toit. Il paraît qu'il fait ses besoins (!!), qu'il est mâle (re!!!) et surtout que les piles durent UN AN!! Déjà, depuis hier après-midi, il a "évolué" (on ne dit pas "grandi", il paraît). Il est bientôt adolescent (pourvu qu'il "évolue" vite à l'âge de la retraite).

Je sens que je vais faire des expéditions punitives la nuit dans la chambre de ma cadette. "Comment ma puce? Il a disparu ton bidule? Boah, tu sais, les fugues, c'est fréquent chez les ados...". L'ennui, c'est que si la poubelle se met à sonner, je n'ai pas d'explication valable...une poubelle nouvelle génération qui siffle quand on se trompe dans le tri sélectif!?

Enfin, bons 8 ans et demi, ma puce et puis il faut voir le bon côté, nous voilà débarrasés d'une corvée jusqu'à l'année prochaine...


22/06/2005

Garde malade

ça y est...je suis de retour!
Je sais, bande de lecteurs lascifs, vous m'imaginiez déjà partie en vacances, sans crier gare, me balançant mollement dans un hamac, un cocktail à la main, ou bien, le sac sur le dos, contemplant le lever du soleil du haut d'un sommet de mes montagnes.... (d'abord c'est mal me connaître, en général je ne contemple guère que les couchers de soleil...je suis plutôt du soir!)


Et bien non, j'étais bien au terrier, tout près de mon ordinateur...Alors, me direz-vous, pourquoi diantre un tel mutisme? La marmotte serait-elle vexée? Elle boude?... En réalité, j'étais désamparée, au chevet d'un grand ami malade, au bord de l'agonie. Il ne me reconnaissait plus, il avait des attitudes un peu incohérentes, me laissant sans voix. J'ai bien cru qu'il allait falloir le débrancher définitivement tant mes multiples essais de le ramener à flot s'étaient avérés vains. Je commençais à croire que sa fin était venue et que j'allais perdre un précieux compagnon de travail, ami et confident.

Heureusement, hier soir, le grand docteur à lunettes a fait des miracles. Un vrai marabout. Tronche de premier de la classe, pas un mot pour l'entourage inquiet, le sourcil froncé, il a oeuvré plusieurs heures durant. Un traitement dernière génération, paraît-il... Et il est parvenu à extraire de sa carcasse le vilain virus qui le minait de l'intérieur: MON ORDINATEUR REMARCHE ! Une vraie cure de Jouvence.

Je n'aurais jamais cru qu'une telle absence aurait pu me peser autant. J'imaginais des visiteurs toquer au terrier et trouver porte close. Les quelques habitués revenir plusieurs jours d'affilé puis se lasser. Les fidèles, qui avaient pris la marmotte en affection et qui avaient mis son terrier en lien, effacer progressivement son image de leur mémoire...Aaaaaaaargg! L'image du terrier envahi de mauvaises herbes et de toiles d'araignées, abandonné de tous, me taraudait jour et nuit....Allais-je me retrouver seule au milieu de la ciber-immensité????
Dites, les gars, vous êtes toujours là, hein?

13/06/2005

Blablabla

Mercredi (oui, je sais, je raconte mon week-end le mercredi et les événements survenus le mercredi, aujourd'hui dimanche, cela doit être le décalage horaire avec le terrier, sais pas, pas le temps, pas les droits de retransmission en direct mais en différé...) ...mercredi, donc, je vaquais à mes occupations habituelles en ce jour béni de repos de l'Education Nationale, c'est-à-dire que j'entamais une longue série de trajets, me transformant en "maman-taxi" dans notre chère ville éventrée par une multitude de travaux. (en gros, pour aller d'un point A à un point B, vous devez faire un crochet en "W" puis un détour par "Z"...et encore, vous n'êtes pas assuré d'arriver à bon port).
Ah! les joies des z'activités du mercredi! L'achat du matériel à la rentrée (un justaucorps de nain de 10 cm2 dont le prix pourrait faire vivre une famille africaine pendant 3 mois)...les chansons apprises au cours de musique (beuglées à tue-tête dans la voiture, c'est tellement plus marrant!), ...les autres parents (surtout des mamans, d'ailleurs, faut pas déconner, on est en France, pas en Suède!)... enfin, le mercredi, c'est que du bonheur! Vivement le jeudi, qu'on aille bosser!

Cette semaine il fallait caser en plus un anniversaire chez une copine (faudra un jour que je fasse une note sur les anniversaires des gosses, vous m'y faites penser hein?) entre deux cours de danse...Me voilà donc, tentant de rentrer au point "A" en compagnie de marmotton junior (4ans ET DEMI -c'est lui qui insiste-). Et puis là, c'est le drame! Je patientais au feu, lorsque j'ai senti monter en moi comme un agacement diffus : le sentiment étrange que quelque chose vous irrite au plus haut point mais vous ne savez pas encore quoi, une sorte de gêne continue et croissante dont vous méconnaissez l'origine...Au bout d'un moment j'ai compris: il s'agissait d'une gêne auditive...le moulin à parole, à l'arrière s'était déclanché!

Imaginez-vous au volant de votre voiture, il fait beau, la radio diffuse une chanson que vous aimez bien, vous seriez même prêt à fredonner un peu l'air entrainant quand ...
-" Mamaaaan, mamaaaan, mamaaaan, mamaaaan (à dire très vite et au bas mot 25 fois d'affilé)... hein que les dinosaures ils existent pas? Heiiiiin? heiiiiiin? heiiiiin? heiiiiin? (à dire également 25 fois d'affilé)...et puis les dragons non plus et puis quand il y a avait des dinosaures yavait pas les hommes et puis Rémy à l'école il m'a dit que ça existait les dinosaures mais ça existe pas et les dragons non plus et puis d'abord Rémy il est méchant il pousse tout le monde et puis c'est pas mon copain et puis d'abord la maîtresse elle a dit que ça existait pas elle a dit qu'ils étaient tous morts parce qu'ils z'avaient plus à manzer. Hein c'est vrai??? Heiiiiin? heiiiiiin? heiiiiin? Et puis d'abord .... (je vous fais grâce de la suite...je ne suis pas sadique à ce point!)
Vous avez envie de dire : "MAIS TU VAS LA FERMER TA GUEULE?", vous jetez un regard dans le rétroviseur et vous voyez sa gueule d'ange de marmotton innocent, sa bonne bouille et ses petites mains qui font plein de gestes depuis son siège auto..... et vous vous contentez de renoncer à fredonner votre chanson préférée, vous ponctuez toutes les 50 phrases de "Mmmmm...mmmmm" d'approbation et vous vous dites "vivement qu'on arrive au point A, qu'il s'occupe avec son doudou et ses bagnoles!".

Arrivée au point A: vous avez une heure à tuer avant de reprendre votre taxi vers d'autres itinéraires de ramassage de la tribu des marmottons...vous prenez donc un paquet de copie et tentez de vous concentrer quelque peu sur votre tâche. Un grand verre de Coca light bien frais sur la table et en avant!...quand...
-" Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaan (là c'est une autre version, il n'y en a qu'un mais il dure auatnt que les 25 autres) la roue de la voiture elle est défaite..."
-"mmmmmm" vous posez votre stylo et vous lancez dans une opération de micro mécanique (moi qui sait même pas changer une roue). Ouf, c'est fastoche, vous redonnez la voiture flambant neuve et reprenez votre stylo (et comme vous avez perdu un peu le fil vous recommencez votre lecture au début...Gnnnnn)

-"Mamaaaaaaaaaaaaaaaaan" âaargh! vous vous dites "c'est pas possible, c'est un cauchemar",vos doigts se crispent sur votre stylo feutre vert (je déteste corriger en rouge), un rictus contracte votre bouche, vous sentez un hurlement prêt à jaillir du plus profond de vos entrailles, une image d'infanticide sanglant traverse votre esprit, vous vous demandez pourquoi un génial inventeur n'a pas encore imaginé la formule permettant de congeler les enfants quelques heures (un coup de micro ondes et hop! les revoilà sur pieds lorsque vous le souhaitez. pas mal non?)... vous levez vos yeux devenus d'un noir orageux... il est là, le monstre de 1mètre de haut, il a sorti un costume de clown mais brandit une épée lumineuse (sans piles, heureusement)

-"Z'arrive pas à mettre mes saussures"
Respirer, il faut respirer profondémment pour éviter d'enfoncer la pointe du stylo dans son oeil gauche ou de l'assommer d'un grand coup de copies... A cet instant, le destin vous tend une perche salvatrice: le vrombissement d'une mouche égarée vous inspire un trait de génie:
-" Attention mon chéri, c'est plein de guêpes en ce moment, il faut ABSOLUMENT FERMER LA BOUCHE, sinon elles vont te piquer".
Le marmotton, vous le savez, a une peur bleue de tout insecte volant ou rampant...c'est votre seule chance de survie intellectuelle.

L'heure avait tourné, il a fallu reprendre le "taxi du mercredi" pour récupérer le reste de la troupe. J'ai éteint la radio et me suis promis que le prochain achat de véhicule serait un taxi londonien (AVEC UNE VITRE ENTRE LES PASSAGERS ET LE CHAUFFEUR).

Vivement jeudi!

09/06/2005

Le bonheur est dans le pré...

Dimanche dernier, la tribu des marmottes est "montée" (sur la carte) dans la famille de la marmotte en chef pour des retrouvailles familiales: maison de campagne dans un petit village de Dordogne, près de Saint Emilion.

L'air était chaud, comme un souffle d'été; au loin, les longues algues couraient sur une Dordogne léthargique; le vent sentait l'herbe fraîchement coupée et la menthe sauvage...c'était tout simplement beau.

L'apéro qui s'éternise sur la terrasse autour des pissaladières faites maison. La famille de Lyon est là. On se raconte le temps qui passe pendant que les marmottons courent sur la pelouse avec les petits cousins comme une nuée de moineaux. Les chiens ont la langue pendante après leur course effrénée dans les maïs...On est bien, on n'en partirait pas de cette terrasse.

Vers 15 heures, on passe quand même à table, cette longue table flanquée de bancs de bois où toutes les générations se mélangent. Les murs de pierres diffusent leur fraîcheur bienfaitrice. On attaque les huîtres (laiteuses à souhait comme je les aime) et les asperges du jardin de l'oncle Titi. Puis viennent le rôti de boeuf et les tranches de veau qui ont gardé le fumet des vieux ceps de vignes sur lesquels ils ont été cuits dans le jardin. Rituel incontournable: on goûte les vins. Du Saint-Emilion, bien sûr, mais aussi des Pomerols. On compare les couleurs, les saveurs... Les papilles frétillent, tous les sens sont en alerte.

Après les tartes aux fraises du jardin et le café (j'allais oublier l'Armagnac pour nettoyer les fonds de tasses)... tout le monde émigre au jardin. La "dream triplette" se lance dans un championnat de pétanque à l'ombre des acacias. La marmotte en chef persuade les plus minots d'aller taquiner le poisson dans l'étang au fond du jardin. Les femmes entourent le petit dernier (8mois) en prenant le soleil sur la terrasse. Quant à moi, un délice, je me lance dans l'ascension du grand cerisier pour traquer les burlats les plus noires, tout là haut là haut. Je retrouve mes sensations d'enfance, quand mon activité favorite était de grimper aux arbres et d'observer le monde de la plus haute branche: bien caler les pieds dans les fourches, équilibrer le poids (quoi? quoi? quel poids?!), tendre les doigts bien loin pour attraper cette cerise, là-bas, tout au bout, qui est plus belle parce qu'elle est inaccessible, penser à cueillir des doubles et des triples pour que les marmottons fassent des boucles d'oreilles...

Dans la soirée, partie de ping-pong passionnée (le marmotton en chef visait le 21/0, c'était sans compter sur ma ténacité...et puis je lui ai laissé la place fasse au soleil pour qu'il soit ébloui. Gnârf!)

Un dimanche simple, aussi tranquille que le cours de la Dordogne ... un de ces dimanches qui sentent le bonheur à plein nez.

07/06/2005

Piotr...

Ce matin, surveillance d'exams de 2° session de droit, amphi 600...
(Je passe sur cette avancée de la session de septembre à juin, censée lutter contre l'absentéisme et qui aboutit aux mêmes amphis clairsemés et aux mêmes copies blanches...)

Alors que tous planchaient (ou somnolaient devant leur sujet) depuis près d'une heure, un étudiant débarque soudain.
Hirsute, dans un vieux survêt froissé et tout taché, le blondinet explique en roulant les "r" qu'il souhaite passer l'épreuve malgré son retard.
Je le cherche sur les listes, peine perdue: Piotr W est introuvable.

Le chef de salle intervient (prof de droit, tout en haut de la longue échelle hiérarchique de l'enseignement supérieur...à côté, moi, prof de secondaire détaché, prof de langue qui plus est, je ne suis qu'une crotte de mouche, quantité négligeable face à cette sommité...).
-" Qu'est-ce qu'il nous veut, celui-là? Il n'avait qu'à se lever ce matin!"
-"..."
-"Comment? Il n'est pas sur les listes? Allez voir la scolarité, jeune homme!"

Et voilà notre pauvre Piotr reparti vers les bureaux de l'administration, son sandwich au fromage à la main (oui, il avait une espèce de Kiri écrasé entre deux tranches de pain noir...je ne sais pas pourquoi, ça m'a fait penser à Germinal).
Le chef de salle, bravant toutes les convenances hiérarchiques, me dit:
-" Ah, ça, c'est la crème des étudiants! C'est pas avec ça qu'on va relever la France!
-"..."
-" Vous avez vu sa tête? Encore un camé!"
-"..." (surtout rester zen, sinon je pourrais lui mettre un grand pain dans sa gueule et lui faire sauter toutes ses dents -elle est pas commode, la marmotte, quand elle est en colère- comme ça, la France, elle ne compterait plus qu'une éminence grise édentée)...

Au bout d'un moment, le jeune russe revient:
-" Les burrreaux n'ouvrrrent qu'à 10 heurrres...."
Ni une ni deux, le chef de salle part en quête d'une sécrétaire de la scolarité (on peut être un éminent juriste et avoir besoin d'une secrétaire...)

Et notre Piotr reste là dans son survêt sale, à regarder ses petits copains plancher pendant que l'heure tourne...
Je lui demande ses prénoms et écume les listes, au cas où l'on aurait inversé l'ordre de son patronyme (chose qui peut arriver chez les étudiants d'origine étrangère). J'aimerais vraiment l'aider, trouver son nom quelque part et abréger son attente. Je lui lance un regard désolé, il me fait vraiment pitié, ce petit russe. Il a dû comprendre mon impuissance, il me dit:
-" Merrrci, madame, merrrci"
Mais le chef de salle revient, flanqué d'une secrétaire:
-" Mais, monsieur W, vous avez déjà validé votre année!"

En réalité, ce "sale camé" n'était autre qu'un étudiant consciencieux qui avait déjà réussi toutes ses UV et voulait améliorer sa note en repassant l'épreuve.

Le visage de Piotr ne m'a pas quitté de la matinée. J'aurais bien voulu le retrouver, mais il était parti, voir si je pouvais l'aider d'une façon ou d'une autre ou tout simplement échanger quelques mots. Lui montrer que tous les profs n'étaient pas des juristes éminents tout en haut de la longue échelle hiérarchique de l'enseignement supérieur...
Je crois qu'il était plus intelligent et qu'il avait compris...

Au revoir, Piotr...bon courage!

03/06/2005

Plus besoin d'aller au zoo...

J'ai craint un moment de lasser les quelques badauds qui passeraient par ce blog... qu'ils aillent croire que la marmotte n'a d'intérêt que pour les petites bêtes qui gravitent autour d'elle...mais l'actualité du terrier m'a rattrapée!
Figurez-vous que Charbon, le lapin nain de ma cadette, s'était fait la malle la semaine dernière, après avoir franchi allègrement les 1m20 de grillage qui le séparait de la liberté (je me demande quelles vitamines sont ajoutées dans les graines pour rongeurs...ça doit être du transgénique). Après avoir tondu les pâquerettes du jardin. Plus rien. Plus de trace.
En parents qui se respectent nous nous étions, le marmotton en chef et moi, frottés les mains en catimini. Yeeeeees! enfin débarrassés du monstre! ... tout en expliquant à notre progéniture que "c'était aussi bien comme ça, il avait repris sa liberté et devait gambader, heureux, dans les fourrés alentours".
En fait, nous pensions qu'il avait dû se faire bouffer par deux ou trois chats mal intentionnés (du moment qu'on ne retrouvait pas la carcasse devant la porte...)

Et puis... (voilà ce que c'est de bien s'entendre avec ses voisins!!) la voisine du bout de la rue nous a appris qu'elle l'avait recueilli depuis quelques jours.
Retour à la cage départ.

Mais la malédiction ne s'est pas arrêtée là (parce qu'il ne peut s'agir que d'une malédiction du dieu des lapins ou autre divinité maléfique...l'Antéchrist? merci Cohen, si tu es par là!!).
Une autre voisine, celle du bout opposé, est venue me demander si nous n'avions pas perdu un lapin blanc. "Non, madame, le nôtre est noir et nous venons de remettre mal...hum! fort heureusement la main dessus!"
Elle m'a expliqué son désarroi, elle ne savait pas quoi en faire, elle était très embêtée...
Le malheur, c'est que derrière moi se trouvait ma progéniture...l'oeil bovin (!!), la larme prête à sourdre, le hurlement de désespoir prêt à jaillir ......et j'ai encore cédé. Putain, que je suis faible parfois, je me bafferais!

Et nous amenons donc lapin blanc dans la cage de lapin noir. Dans la seconde, même pas un boujour, rien...Zaaaaas! Le noir grimpe sur le blanc et va-s-y Marcel! Vive le printemps! Derrière moi, les gamins morts de rire. A ma grande surprise, ma cadette, philosophe, qui me dit "tiens, ils font crac crac". J'étais à des lieues de me douter qu'elle connaissait cette expression et qu'en plus, elle savait à quoi elle se rapportait.

Ni une ni deux, je sépare le couple en plein ébat. Je sais c'est pas cool, mais bon, j'ai pas trop envie de me lancer dans un élevage en ce moment. Chacun son enclos et puis c'est tout.

Enfin, faut voir le bon côté, avec deux lapins, je m'économise de laborieuses explications sur la reproduction des vertébrés...

02/06/2005

C'est le printemps dans le placard...

ça y est, c'est le printemps!
L'autre jour, dans la cuisine...horreur! une mite!...puis 2, puis 3...
Non, pas celles qui te bouffent allègrement tes beaux pulls cachemire que tu as bien rangés pour l'hiver prochain, non, les vilaines qui se logent dans les bocaux de farine, dans les paquets de nouilles ou de biscuits...qui copulent gentiment dans lesdits bocaux et donnent naissance à des dizaines d'asticots ....Rien que d'y penser j'en ai la chair de poule...

La marmotte ayant particulièrement horreur de ces bestioles qui viennent becqueter sa nourriture (au terrier, c'est sacré, la bouffe!!)... la voilà partie à la recherche d'un piège à mites.
En blatophobe ignare, je me suis renseignée auprès d'un expert ... qui m'a certifié que les petites boules qui sentent l'armoire de ma grand-mère n'ont aucune prise sur les mites qui ont investi ma cuisine (tant mieux, parce que les nouilles à la naphtaline, ça ne me disait rien qui vaille)
Je me suis donc empressée d'acheter des pièges à mites ALIMENTAIRES!
Il s'agit de surfaces collantes que l'on dispose dans les placards et où viennent adhérer les insectes indésirables. Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu'au bout de quelque temps, toutes ces blates volantes venaient finir leur course dans les pièges, se débattant jusqu'à l'épuisement...

Cherchant à comprendre par quel mystère ces insectes -certes, pourvues d'un tout petit cerveau- étaient bêtes au point de toutes venir se coller au papier...je lisai la notice du piège (oui, je lis toujours les notices après coup, généralement pour voir pourquoi ça ne marche pas)
Le système est en réalité fort simple: le papier est enduit de phéromones, et, "par l'odeur alléchés" (c'te culture!), croyant tomber sur Miss Mite 2005, ils vont tous s'engluer connement dans le piège!

J'imaginai ensuite la formidable application que pouvait avoir ce système. Dans cette société d'esseulés, de milliers de célibataires en quête de l'âme soeur, imaginez les possibilités d'un papier collant enduit de phéromones humaines! Il suffirait à ma voisine (40 ans, toujours vieille fille, sèche comme un coucou, le cheveu aussi pauvre que son arrière train) d'insérer un papier collant dans son soutien-gorge pour avoir tous les body-builders (orthographe?) du quartier collés à son chenisier boutonné jusqu'en haut!!! Et en boîte, pour éviter d'avoir tous les lourdaux aux basques...il suffirait de plaquer un poster collant près de la porte des chiottes...et à nous la piste de danse!!
Avis à tous les scientifiques qui passeraient par le terrier, je lance un appel : à vos labos, à vos éprouvettes, trouvez-nous la formule miracle!

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