02/07/2005

Vide...




Ce matin, je devais amener à la fac la petite New-Yorkaise qui habite au terrier pour un mois.
Nous devisions tranquillement sur le chemin de l'Université quand soudain, ce fut le choc. Non, n'allez pas croire que, distraite par notre causerie, j'heurtai violemment le pare-choc d'une quelconque voiture sur mon trajet. Non, je veux parler d'un véritable choc émotionnel.

LA FAC ETAIT VIDE.

Tous partis. Le parking d'ordinaire encombré (si bien que d'aucuns prennent la fâcheuse manie de stationner sur les pelouses)...était complètement vide. J'ai bien cru un instant que je me trouvais dans le Madrid de "Abre los ojos" (film d'Alejandro Amenabar dont Tom Cruise a fait une pâle copie, "Vainilla Sky").

Des rues désertes où il n'y a pas âme qui vive. Ce silence, lourd, pesant. La cafet, où je vais habituellement prendre ma petite dose nécessaire de caféine et de nicotine, fermée! Là où, dans une épaisse fumée, le petit monde des étudiants grouillait de vie, -certains recopiant leurs cours, d'autres jouant bruyamment au tarot, d'autres encore se racontant leur biture de la veille ou séchant, tout simplement- se trouvait désormais une salle devenue trop grande, trop propre, et qui n'offrait plus guère à la vue que les pieds des chaises retournées sur les tables.

Les couloirs désolés avaient une allure fantomatique qui me noua la gorge. Tout était propre, comme suspendu, en attente. Aucune trace de la multitude de gobelets vides qui traînent généralement ça et là. On aurait dit un château endormi par un maléfice qui forçait au silence. On n'osait à peine troubler cette quiétude inquiétante (hé hé, quiétude inquiétante...oui, je sais, c'est nul).

Comme nous étions un peu en avance, je me rabattai sur la machine à café, histoire de vérifier si l'envoutement touchait aussi son infâme café soluble...et puis aussi pour dissiper cette atmosphère bizarre qui me mettait vraiment mal à l'aise. Je n'avais jamais entendu aussi distinctement le bruit de la pièce tombant dans les entrailles de la machine...

Heureusement, le groupe des étudiants étrangers est arrivé dans une joyeuse pagaille...Enfin un peu de vie!

Cela peut paraître étrange, mais je suis partie sans attendre. Cette vision m'a fait froid dans le dos. Je n'aime pas la fac que j'ai vue ce matin. Ce n'est pas la mienne. Je n'aime pas cette fac morte, elle a des allures de fin du monde, de mon monde.

Brrrrrr...Vivement septembre!

Commentaires

"Septembre" ? Vivement octobre... non ???

Écrit par : christian | 02/07/2005

Certaines filières commencent fin septembre mais la plupart, effectivement, débutent mi octobre...mais dès début septembre, les bibliothèques et les cafet sont ouvertes, c'est quand même pas pareil!

Écrit par : la marmotte | 04/07/2005

Bon, et cette américaine ?

Écrit par : christian | 04/07/2005

Elle est vide ?

Écrit par : cohen le barbare | 04/07/2005

La New-Yorkaise, vide?
Très sympa, toute maigrichonne (comme quoi, il sont pas tous obèses, les ricains)...et puis elle est d'origine péruvienne (ça m'arrange, comme ça on parle espagnol!!)

Écrit par : la marmotte | 05/07/2005

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