12/07/2005
San Lorenzo
Cette année, c'est exceptionnel, je n'irai pas aux fêtes de Huesca -9-15 août- pour cause de voyage en Pologne. Une minute de silence siouplaît.
C'est pourquoi s'impose une petite note sur le déroulement immuable de ces festivités hautes en couleur.
D'abord, le costume: il faut être tout de blanc vêtu (sinon, en fin de journée, on voit pas les taches de vin) avec un foulard vert. Toute la ville arbore le blanc et le vert: du petit papi octogénaire au bébé dans sa poussette. C'est assez impressionnant de voir comment la ville entière se met au diapason.
Accessoire indispensable: le basilic. Il est de bon ton d'en prendre quelques brins à la main ou d'en accrocher au noeud de son foulard. Cette odeur puissante de basilic envahit les rues. Autre avantage, cela permet de couvrir en fin de journée, l'odeur tout aussi puissante de la vinasse.
Début de la première journée: La tradition veut que l'on se retrouve vers 9 heures pour prendre le petit déjeuner entre copains dans les multiples bars de la ville basse (ah oui, j'avais oublié de vous dire que Huesca serait la ville espagnole ayant le plus de bars proportionnellement au nombre d'habitants). Au menu: oeufs frits, patates baignant dans l'huile d'olive et ventrèche grillée (la ventrèche, au terrier, c'est de la poitrine de porc). Le tout arrosé abondamment de vin aragonais ou de bière. Indispensables agapes avant d'entamer une journée marathon (un peu comme la pasta party de nos amis sportifs): ça cale l'estomac, ça huile les parois intestinales, enfin, que du bonheur!
Vers 10 heures, toute la bande se retrouve devant la bodega d'un pote pour une dégustation gratuite (pardon, des dégustations) de vin de pêche (mélange tiédasse de vin âpre et de morceaux de pêche) à consommer sans modération par 40 degrés à l'ombre.
Oula, le temps passe vite. Il faut se préparer à "monter" à la cathédrale (située sur une colline dans la vieille ville). Pour une telle ascension, les arrêts sont fréquents dans les multiples troquets qui jalonnent le parcours. Rien ne vaut une petite bière bien fraîche pour se maintenir en forme tous les cent mètres (un peu comme les arrêts citron/flotte dans un marathon). Pour égayer le trajet, sont parfois organisées des parties spontanées de rugby/pastèque (gare à celui qui échappe le "ballon" car tous les joueurs se précipitent sur les restes éparpillés pour vous en maculer la tête).
Arrivée sur la place de la cathédrale : des centaines de jeunes (et de moins jeunes) sont rassemblées là, sous les fenêtres de la mairie, ou plutôt entassées car il est difficile de caser plus de monde. Danses effrénées (enfin, ce sont plutôt des sautillements verticaux, y'a pas de place), lancers multiples de vinasse, chants de guerre...en attendant la fatidique explosion du pétard à midi qui marque l'ouverture officielle des fêtes.
La redescente de la colline est tout aussi lente et ponctuée de pauses bière. Parfois, l'on se campe devant des fenêtres ou balcons en criant "a-gua, a-gua" et les habitants, dans un grand élan de générosité, envoient de salvateurs seaux d'eau. Si tu es blonde et attachée à ton brushing, amie lectrice, ne viens pas aux fêtes de Huesca, tu risquerais de succomber à une attaque cardiaque!
C'est pas le tout, mais le sport, ça creuse! Les copains improvisent donc un repas...dans la rue! Grande tablée à la gauloise avec paëlla géante. Souvent les passants se retrouvent à table avec nous...Tout le monde discute avec tout le monde.
Puis pause: une petite sieste puis une bonne douche (pour enlever les pépins dans les cheveux) avant d'entamer une nuit de folie dans les bars de la ville. Toute la troupe a rendez-vous le soir dans l'appartement central (au-dessus d'une antenne du consulat de France!!) que cette joyeuse bande de tarés louent en commun pour y faire la fête tout au long de l'année. Pendant que l'on prépare un caipiriña géant (glace pillée préparée en mettant des glaçons dans une jambe de pantalon que l'on massacre contre le sol...miam), de multiples jeux s'improvisent: pêche à la ligne (il faut arriver à attraper le drapeau français à l'étage au dessous...opération réussie en 2004) ou lancers de verre d'eau sur les cibles mouvantes qui passent sous les fenêtres...
Au cours de la nuit, le mot d'odre est "déconnade en tout genre" et "paris à la con" (comme rentrer le plus grand nombre de participants dans une cabine téléphonique....record à battre:11 adultes).
Je passe ici les après-midi corridas (peut-être une note ultérieure)...mais ces moments-là sont pour moi vraiment précieux. Des moments de camaraderie, de rigolade où l'on retrouve son âme de gosse, où l'on ne se préoccupe pas des convenances sociales, où souffle comme une petite brise de liberté. Je ne pourrai pas être des leurs cette année mais le 9 août, c'est certain, mon coeur se serrera à midi quand à plusieurs milliers de Km de Krakow, où je serai,le pétard de Huesca ouvrira les festivités...
15:55 Publié dans les marmottes sortent du terrier | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note




Commentaires
Krakow ne te fera certainement pas oublier cette fête que tu aime tant, mais c'est un ville magnifique, piétonne en centre ville et elle possède une ambiance si particulière.
Je souhaite que tu l'apprécie et si oui, que tu mettes un joli commentaire comme tu sais les écrire.
Merci!
Écrit par : Babs | 12/07/2005
@ Babs: En fait, je suis très impatiente de connaître la Pologne. Je tenais absolument à y aller cet été parce qu'il me semble que, tout comme l'Espagne de 86, c'est un pays en transition...et qu'il faut se dépêcher pour voir encore la Pologne telle qu'elle est aujourd'hui.
Merci de ton gentil commentaire...et à bientôt!
Écrit par : la marmotte | 12/07/2005
C'est super la pologne : ils sont habillés en gris et gris, et on sent bien la vodka.
Comment ça, c'est très con ce que je viens de dire ?
Écrit par : cohen le barbare | 13/07/2005
Mes racines sont en Pologne et je peux t'assurer que ce pays a déjà beaucoup changé. Avant effectivement, il était très gris (les gens se chauffaient au charbon jusqu'a il y a 10 ans), mais les polonais aiment beaucoup les couleurs, les costumes traditionnels sont très bariolés et les façades de fermes traditionnelles sont peintes avec des motifs floraux très colorés. A Krakow, n'hésite pas à rentrer dans les églises (il y en a presque à chaque coin de rue) il y en a de trèèès belles. Je conseille d'aller manger dans un restaurant du quartier juif. La carpe à la juive est absolument délicieuse.
Je m'égare, pardon, mais c'est une ville vraiment chouette.
Écrit par : Babs | 13/07/2005
Je savais que c'était très con come remarque, d'autant que plus tu pars dans l'est et le nord, plus les couleurs qui manquent au naturel, sont recrées artificiellement. J'avais adoré la visite de l'île de Bornholm qui est certes danoise mais qui fut polonaise et suédoise. Les facades font naître le sourire. (suffit d'oublier le béton des dictatures.)
Écrit par : cohen le barbare | 13/07/2005
Tu parles de l'Espagne, mais on commente la Pologne...
Moi aussi ! (mais l'Espagne, je ne la connais que vue du train pour aller au Maroc)
Je partage l'avis de Babs sur la beauté de Krakow !
Le château dont je t'avais parlé est celui de MALBORK (allez ! un petit cadeau : je te mets une photo sur mon joueb !)
Et n'oublions surtout pas les qualités humaines des Polonais !
Écrit par : Gatito | 14/07/2005
Je remercie cohen d'avoir essuyer les platres sinon, c'etait pour moi. Je vais donc rester sobre dans mon commentaire : "Viva Espana !!"
Écrit par : maxy_vince | 15/07/2005
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