22/10/2005
Mardi matin...
Christian n'a invité que quelques "happy few" à raconter leur mardi matin... un réveil de marmotte n'intéresse sans doute que moi, mais tant pis, je m'y colle!
7 heures...la tonitruante musique de ce c... de réveil agresse la quiétude de la chambre. La main de la Marmotte en chef émerge du plus profond de la couette, tatonne, dérape, -là j'émets un "hummpf": traduisez: putain, tu le trouves le bouton!-, re-tatonne, re-dérape et enfin parvient à localiser le bouton du silence. Les corps englués de sommeil se défroissent, se cherchent -pas trop quand même on n'a pas le temps-, reprennent contact avec la réalité.
La marmotte en chef se lève, récupère un caleçon échoué là et monte réveiller les marmottons (ils dorment à l'étage). Et là....ma minute de bonheur! J'investis la chaleur de l'autre, je m'accapare son territoire nocturne. Totale prise de pouvoir, je peux enfin m'étendre, me déplier, me déployer. Position de l'homme crayonné en son temps par De Vinci: un pied à chaque coin du lit, les bras tendus vers les confins du 160/200...Le bonheur, je suis le maître absolu du lit!
Là-haut, le bruit des bols et les éclats de voix des enfants me ramènent à la réalité. Sans même ouvrir les yeux, je parviens à m'asseoir sur le bord du lit. Contact froid des pieds sur le plancher. Que c'est dur! je râle un instant sur l'emploi du temps de merde qu'on m'a collé cette année. C'est pas humain de sortir le lundi soir à 20 heures et de rattaquer le lendemain à 8h30. Quand est-ce que je vois le soleil, moi? Je me dirige vers la douche, pense à appuyer sur le bouton du chauffe-serviettes (avec un peu de chance, si je traînasse un peu sous l'eau, je pourrai bénéficier d'un peu de tiédeur en sortant).
Le savon glisse sur ma peau encore empreinte des odeurs de la nuit. Je frotte énergiquement ma joue (j'ai aperçu dans le miroir l'empreinte des draps, et ça, je déteste, c'est coriace, c'est dur à défroisser!). Coup de serviette énergique, ça y est, je suis complètement réveillée. Vite, un coup de séchoir dans les cheveux, histoire de faire croire qu'on s'est coiffé. Légère hésitation devant le placard -rapide, car ce que je voulais mettre patiente gentiment devant la machine à laver-. Me voilà prête. Petit détour par ladite machine à laver afin de désengorger l'attente du mètre cube de linge sale. Vivent les familles nombreuses!
Dans la cuisine, spectacle immuable. L'aînée est déjà prête et donne à manger au chat et aux lapins nains (au nombre de 5 en ce moment, il va falloir que je me les perde dans la forêt!). Le petit dernier est en train de rêver devant son fromage blanc. "Si tu n'es pas prêt à temps, tu iras à l'école en pyjama!"...Changement de vitesse. Premier petit expresso de la journée. Petit instant fugace partagé avec ma moitié. Il avale le breuvage bienfaiteur d'une lampée. 7H40: il est en retard et prie pour qu'il n'y ait pas trop de monde durant les 3/4 d'autoroute qui l'attendent...Check-list avant le départ: vous avez tous vos tickets de cantine? ouiiiiiiiii. Vous avez pris votre goûter? ouiiiiiiiii M. tu as ton sac de piscine? ouiiiiiiiiii N. tu as tes affaires de sport? ouiiiiiiiii. C'est bon on peut y aller! merde, j'ai oublié de me maquiller! Vite, course de vitesse, histoire de mettre un peu de ravale-façade sur le visage. Je ne suis pas du genre à me peinturlurer façon arbre de Noël...et c'est tant mieux!
La Bétaillère à marmottons est là, gârée docilement devant la maison. Argggggh! Où sont ces foutues clés? Quête désespérée des clés, les précieuses minutes s'égrennent....On finit par les retrouver...dans mon sac à main où mon foutoir légendaire les dissimulait.
Démarrage en trombe. Les trois petites têtes, dans le rétro, sourient. 8heures sonnent au clocher du coin. Je les dépose devant l'école encore vide et obscure. Bonne journée mes chéris! Bonne journée, maman! Dernier regard sur les cartables qui passent le portail en se dandinant, première clope de la journée. Direction: la fac!
L'université émerge à peine des vapeurs matinales. A 8h15 on trouve encore plein de places sur le parking. A croire qu'il n'y a que moi qui me tape tous les cours dès potron minet. Je passe par la cafet. On échange quelques mots avec le gars du bar...Il est gentil ce gars, ça requinque de trouver un sourire de bon matin. 2° clope de la journée: à travers les volutes de fumée et les remous du café noir, je repasse le plan du cours que je me prépare à donner. C'est un instant nécessaire, comme un sas de décompression: j'oublie que j'ai des enfants, que j'ai une machine à laver qui tourne en ce moment, que je devrais me lever plus tôt et déjeuner...je mets ma vie entre parenthèse l'espace d'un instant.
J'arrive devant la salle 104. Ils sont tous là. Je suis contente de les revoir.
-Hola todos! Qué tal estais?




Commentaires
ah la vache, on s'y croirait : j'ai l'impression d'avoir passé la nuit avec toi !
Écrit par : bob | 22/10/2005
Je suis heureux que tu t'y sois collée ! (rholala on m'en veut ! tinquiète pas il y aura d'autres introspections manière Striptiz).
Écrit par : christian | 22/10/2005
Ouf... J'ai eu peur. La marmotte ne donnant plus de nouvelles, j'ai cru qu'elle avait entamé sa longue période d'hivernation. Il s'agissait juste d'un petit somme finalement.
Écrit par : Maryse Burgot | 22/10/2005
Finalement, cela pourrait être pire : heureusement que les lapins ne vont pas à l'école, eux-aussi ! ;o)
Écrit par : Doc_doc_entrez | 24/10/2005
@bob: c'était donc toi??!!
@christian: meu non on ne t'en veut pas, tu le sais bien: on t'aiiiiiime!
@maryse: non, juste une petite semaine un peu dure! l'hibernation, je la pratique à petite dose, lors de ma petite minute nécessaire de 7H01
@doc_doc: heureusement, comme tu dis, au rythme des naissances, je te dis pas la prime de rentrée qu'il me faudrait!!
Écrit par : la marmotte | 24/10/2005
Comme Maryse, je respire !
J'aurais deux mots à dire à Charbon : "Tous les soirs, toi et ta petite famille, empêchez Marmotte d'aller se coucher tant qu'elle n'aura pas écrit dans son joueb !"
Faut-il te présenter une prescription médicale, comme quoi nous avons besoin d'une note quotidienne pour notre équilibre ?
Ou une action de force : une prise d'otages ! "Les otages seront libérés à raison d'un par note publiée." Qui vient avec moi ? Un hypermarché fera l'affaire, histoire de nourrir les otages...
Écrit par : Gatito | 25/10/2005
Merci Gatito! Je vois que tu me comprends. Tout ce temps sans nouvelles, j'ai eu peur... Je crois que je suis "adict" aux marmottes. C'est grave docteur?
A priori, je déteste les animaux à poils (même pour les hominidés, j'ai une préférence pour les spécimens imberbes) mais là, j'ai une petite faiblesse.
Enfin, je vais mieux. Je peux désormais me contenter d'une visite par jour sur le marmoblug et consacrer le reste de ma journée au reste...
Écrit par : Maryse | 25/10/2005
Saperlipopette! Diantre! Fichtre!
Je vais me retrouver dans le bêtisier orthographique de la marmotte... HAaaaaaaa!!!!!!! J'ai osé écrire ADICT avec un seul D. Dès ce soir, dictée, bescherelle, et autres tortures linguistiques. Cela m'apprendra!
Écrit par : maryse | 25/10/2005
AHAHAH la bétaillère ! Mieux que la cathomobile. T'as bien fait d'y prendre.
Écrit par : CohenLeBarbare | 25/10/2005
@gatito: vous êtes de vrais négriers! ils veulent me faire travailler la nuit, en plus....esclavagistes! Moi, la nuit...JE DORS! Désolée!
@maryse:Tu oublies le bled, Maryse, le bled ! A part ça, moi pareil, je n'aime pas les paillassons pectoraux....j'ai un marmotton en chef... parfaitement glabre, un torse de marbre! Mmmm...
@ cohen: ouais, mais au moins dans ma bétaillère à moi, j'ai pas les odeurs du RER!!!
Écrit par : la marmotte | 25/10/2005
euh... chui un peu gêné... ben ouais, moi j'suis poilu comme un orang-outang, de la tête aux pieds, genre Guy Marchand en pire... à l'heure où je vous parle, ça fait 3 jours que je cherche mon nombril !
d'où ma question : puis-je continuer à causer sur ce blog ???
quant au marmotton en chef, imberbe, il doit se les peler(!) sévère l'hiver dans les montagnes non ? tiens j'vais me raser les jambes et lui tricoter un p'tit manteau...
Écrit par : bob | 25/10/2005
Mais non, nous ne sommes pas des négriers (peut-être des "marmottiers" ?) C'est pourtant simple : tu écris sur le blog, tu vas dormir, tu n'écris pas, tu ne vas pas dormir... Tu peux donc écrire la matin, au réveil... à 5h00
Il faut quand même que tu prennes conscience d'une chose :
NE PAS NOURRIR TON JOUEB, C'EST DE LA NON-ASSISTANCE A PERSONNES EN DANGER !
Tu es bien d'accord, Maryse, n'est-ce pas ?
Écrit par : Gatito | 26/10/2005
@ bob:Meu non, bob, faut pas se vexer pour si peu...il faut de tout pour défaire un monde! (j'avais une copine qui fantasmait complètement sur les "latin lovers" avec les touffes qui dépassent du décolleté...si tu veux je te la présente, elle te tricotera). C'est gentil ton idée de tricot pour mon marmotton en chef...pile poil ce qui lui fallait!
@ gatito: mais à 5 heures du mat...je dors aussi, gatito!
Écrit par : la marmotte | 26/10/2005
Je suis encore toute remuée d'avoir cru un instant, à la lecture de ton récit, que tu étais un homme (sans doute en raison des mots "homme" et "maître" du 2è paragraphe, ou alors ce sont mes hormones de fin de grossesse qui me jouent des tours, ou plus simplement je souffre encore peut-être d'un mauvais réveil ce matin) ! Non pas que cela eût changé quoi que ce soit à mon plaisir de te lire mais c'était une possibilité que je n'avais jamais envisagée.
M'en voilà toute retournée, dis donc !
Écrit par : bloguette | 26/10/2005
Salut bloguette, contente de te voir au terrier!
Je te rassure, je suis UNE marmotte. J'ai dû mal m'exprimer, mea culpa, je faisais allusion au croquis de De Vinci (repris dans une vieille pub "manpower"...ouais, je sais, c'est con comme référence!). Quant au 2° mot: c'est une erreur de ma part! Sorry.
Écrit par : la marmotte | 26/10/2005
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