28/11/2005

J'ai encore pleuré...

Et oui, j'ai encore pleuré (oui, enfin, la larme à l'oeil) devant "le pianiste" hier soir.

 

Toujours la même sensation. La même envie de gerber. Cette nausée insoutenable que provoque immédiatement l'Horreur, la vraie, et la douleur. Ce dégoût irrépressible devant tant de haine viscérale, cette haine animale... ou trop humaine?

 

Et toujours cette question, lancinante: comment un cerveau humain peut-il concevoir le mal à une telle échelle? Et comment toute une société a-t-elle pu y adhérer? Comment? Je n'ai pas de réponse. Sans doute cela dépasse-t-il mon entendement.

 

Depuis mon voyage, cet été, en Pologne, j'ai revu le film avec d'autres yeux. Un regard plus affûté sans doute. Un regard plein d'autres images: celles de Birkenau où le meurtre a été industrialisé, celle du quartier juif de Cracovie toujours à l'abandon, celles des villes dévastées à 90%, des tas de ruines, ces visages désamparés, ces yeux hagards, ces silhouettes sombres errant dans les décombres...

...et les notes de Chopin qu'une jeune virtuose laissait s'envoler du piano à queue laissé là, dans un coin, dans une expo sur la mémoire juive à Cracovie.

 

Jorge Semprun a dit que seule la métaphore permet de dire l'horreur. Oui, l'émotion suscitée par l'art -la transmission de cette douleur- est la seule qui dise vriament l'histoire.

 

"Le pianiste" à lui seul vaut mieux que bien des colloques.

 

Plus jamais ça. 

 

 

 

 

 

 

24/11/2005

N'en déplaise à Patrick Bruel...

...n'en déplaise à Patrick Bruel, quand on se retrouve 10 ans après (pas forcément à Bordeaux, place des Grands Hommes), on n'a pas toujours quelque chose à se dire.

 

Téléportez-vous dix ans en arrière...J'étais à la fac, à la place des grands benets que j'ai en cours, sur les mêmes chaises qui grincent sur le carrelage! Les mecs avaient des pantalons serrés (pas les sacs à patates actuels où l'on ne voit plus les fesses) et les nuques longues, les filles ne portaient pas de talons aiguilles ni de jeans patte d'ef'. On était une bande de potes -tout aussi benets que ceux d'aujourd'hui- et on se fendait la gueule! ....

 

On passait des heures à faire des commentaires inlassables sur les profs: MO. qui ne fichait que des bananes en thème, ce sacré MAN qui avait des tics de langage (il les a toujours d'ailleurs), on faisait des petits bâtons pour compter le nombre de tics par heure de cours, sans oublier ce cher AL qui ne trouvait dans la littérature que des allusions au sexe et à l'alcool....

 

...et puis les parties interminables de tarot dans le foyer enfumé (aujourd'hui devenu une salle de classe),

 

les repas de classe (notamment celui ou j'avais vomi des carottes râpées par le nez dans la R4 de Lolote),

 

les sorties en boîte (aujourd'hui devenue le hangar d'une grosse entreprise),

 

les fous rires et délires en tous genres....

Ah, nostalgie, quand tu nous tiens!!

 

Or, à cette époque-là, nous étions un petit groupe (maintenant il paraît qu'on dit une tribu!) régulièrement chez les uns ou les autres. Il y avait S. qui bossait chez Quick, qui n'aimait pas qu'on fasse des plis à son tapis et qui, pour faire le plein de sa R5, mettait 20 balles d'essence (à peu près le plein d'une mob. Peugeot 103); il y avait Lolote, spécialiste des gaffes en tous genres et Wil...

 

Wil était un garçon très réservé (pas le style à montrer son cul lors d'un repas de classe par exemple), pince sans rire et adepte du jeu de mots à tout crin. Mais ce qui le caractérisait par-dessus tout c'était son sens bien particulier de l'ordre et de l'hygiène. Toujours sapé impeccable, nul n'aurait pu croire que sa baignoire était d'un gris plus que douteux, que, nous les filles, étions obligées de pisser debout dans ses chiottes, de peur que de gros cafards géants nous sautent à la gorge (ou ailleurs), que sa motte de beurre était régulièrement ornée de poils de cul et que nous frisions la mort par déshydratation durant les parties de tarot de peur d'attraper des herpès purulants au seul contact de ses verres collants.

 

Des anecdotes le concernant, il y en a en pagaille...comme lorsqu'il avait malencontreusement estropié un chaton qu'il avait en garde -il avait déclaré qu'il s'était échappé alors qu'il n'avait pas survécu après avoir été coincé par une porte-, comme....

 

...et puis le temps a passé, nous avons eu nos concours et sommes devenus de gentils serviteurs de l'Education Nationale. Lolote et Wil ont été mutés dans le Nord, ils ont laissé le confit de canard et les montagnes pour le moules-frites et le plat pays qui n'était pas le leur. S est devenue prof d'école à Paris et pour ma part je pouponnais mes premières marmottones en attendant que le Grand Mouvement de l'EN veuille bien me rendre à mon terrier.

Les "on s'appelle, on s'fait une bouffe" devenaient de plus en plus difficiles à 1000 kilomètres de distance...les "exilés" ne "descendaient" qu'aux vacances. Et puis, comme Yoko avec les Beatles, Wil s'est trouvé une greluche...qui n'a guère accroché avec le reste de la tribu. Trahison, ils abandonnait lâchement ses potes pour une pouf!...alors, silence radio!

 

Plus de nouvelles de Wil!...lorsqu'on se retrouvait avec S et Lolote, on emettait des hypothèses, on s'interrogeait sur le destin de ce comparse perdu: "peut-être qu'il est toujours avec "elle"? peut-être même qu'il s'est marié?" (l'annonce du mariage un beau jour à une seule de la bande a jeté comme un froid et a définitivement banni Wil au rang des perdus pour la patrie!) Une année, Lolote est revenue persuadée qu'il avait quitté le pays des ch'ti. "Mais pour aller où? Tu crois qu'il a assez de points pour redescendre?" (ça c'est du langage codé Educ Nat...pour les non initiés, c'est le nombre d'années de galère loin avant de pouvoir obtenir un poste près de ta famille).

Mystère. Où était-il? Chercher Wil? Boooa, les années ont passé et on n'y a plus pensé.

 

 Et puis, et puis...le marmotton en chef, depuis cette année, troque le costume de vilain capitaliste contre celui de prof (enfin, d'intervenant extérieur, comme on dit).  A la pause de midi, je l'appelle, pour savoir comment s'est passé son "intervention".

- "Tu ne devineras jamais avec qui je suis. Tiens je te le passe!"

- "Salut, c'est Wil. Je suis en poste ici depuis quelques années."

- ... (bouche bée de surprise)

...quoi de neuf? (manque d'inspiration après les premiers instants de surprise)

- Boooa, rien. Je suis marié, j'ai deux gosses.

- mmmm, super!

 

Et bien vous le croirez ou non. J'ai rien trouvé à lui dire, 10 ans après. Je ne lui ai même pas demandé s'il avait toujours des poils de cul dans ses plaquettes de beurre....

09/11/2005

Y'a de la magie là-dedans

Ou Comment la Marmotte en chef s'est transformée en tronc d'arbre...

 

Cela reste pour moi un mystère, une de ces énigmes que seul le recours au paranormal peut tenter d'élucider.

 

La Marmotte en chef est de constitution gaillarde, le poil soyeux, la pupille vive et la truffe toujours fraîche. Certes, ses blagues sont à pleurer, mais il est d'un naturel jovial et a su garder la jeunesse de ses tendres années, lorsqu'il gambadait, le bougre, de par les vastes vallées. Or, hier soir, alors que je rentrais de Conseil d'école vers 21 heures, quelle ne fut pas ma surprise de trouver le terrier plongé dans un calme inhabituel.

 

Le couvert était mis. Un assortiment de bouffe chinoise attendait patiemment qu'on l'emmaillotte dans de la salade verte et qu'on le trempouille dans son petit bain pimenté. Tout semblait m'attendre et dans un premier temps je me dis innocemment "qu'il est mimi, il a tout préparé et m'attend!".

 

Mais la Marmotte en chef restait là, avachie sur le canapé, on en aurait dit "Bidou-le-chat-de-7-kilos-qui-a -le-ventre-qui-pend-et qui-pionce-toute-la-journée".

 

-"On mange?"

 

...

 

-euh...on mange ?

 

- grumlffff....pas bien...malade...sans moi.

 

Vous me connaissez, la marmotte ne peut sauter un repas: je me mis donc à table et boulottai tous les nems en me disant qu'"heureusement qu'il ne mange pas parce qu'avec la faim que j'ai, il n'y en aurait pas eu assez".

 

Vint l'heure de se coucher, après un long échange de monosyllabes.

 

Bon, mauvaise journée pour ma moitié, me dis-je, et d'un naturel plutôt optimiste, j'en conclus que demain serait un autre jour.

 

C'était sans compter l'intervention des vilaines fées qui transforment les honnêtes gens dans leur sommeil!

Parce qu'elles m'ont transformé mon marmotton en tronc d'arbre!

 

  Si!

 

En tronc d'arbre.

 

Parce que ma moitié, ma fière marmotte en chef à la truffe toujours fraîche et aux blagues à deux balles...n'était pas plus vivante qu'un rondin aujourd'hui.

 

Il a dormi toute la journée, tout raide, enroulé dans la couette, s'est péniblement traîné jusqu'au canapé...où il a redormi, tout raide, enroulé dans le chat.

 

Le voyant au bord de l'agonie, je m'empressai d'appeler le médecin. Il y avait urgence, sans doute était-il victime d'un abominable virus -la grippe marmottaire ou que sais-je encore- sans doute succomberait-il rapidement à ce mal incurable, me laissant seule au terrier avec trois marmottons orphelins. Je m'imaginai déjà organisant un gigantesque Marmothon pour tenter de le sauver de cette mystérieuse maladie inconnue de la science....

Le médecin est passé: angine blanche!

 

Une question me turlupine....mais pourquoi donc les mecs sont-ils à l'article de la mort lorsqu'ils ont une vulgaire bactérie qui les frappe????????????????????????????????????

07/11/2005

A vos plumes!

Allez zou, devoirs!

 

Puisque certains rentrent de vacances -bande de veinards- je vous colle des devoirs, na!

Je passe le relai à Cohen, Christian et Gatito : dépoussiérez moi les contes d'antan. Je veux une Cendrillon, un Chat Botté ou un Barbe Bleue du XXI° siècle.

 

Au plaisir de vous lire bientôt!!!

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