27/03/2006
Interlude printanier
Comme je travaille à la mise en ligne de mes cours (un autre blog !!), je n'ai guère le temps d'être volubile dans mon ciber-terrier. J'en profite donc pour vous donner un petit aperçu du jardin du terrier.
C'était dimanche dernier. Il faisait 27 degrés. Je n'ai pas résisté à la tentation d'immortaliser mon tapis de primevères...




...mes violettes...


...mes narcisses...




14:12 Publié dans vie du terrier | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23/03/2006
Mais pourquoi s'en vont-ils donc tous?
La marmotte est triste en ce moment. Oui.
Le monde des blogs a ceci de bizarre que, même si vous savez que c'est une planète virtuelle, peuplée de personnages virtuels...vous entretenez malgré tout des liens avec des gens sans visages. Au fil de vos lectures, de vos errances, vous apprenez à les connaître, vous colmatez les vides, vous comblez les blancs, vous vous faites une image en creux de ceux qui ont bien voulu vous livrer une parcelle d'eux mêmes. Peu à peu, ils prennent vie, ils s'incarnent.
Vous ne les avez jamais vu mais vous savez qu'ils sont là, quelque part dans le ciber-espace, qu'ils passent vous voir à l'improviste dans votre intimité virtuelle. Ils sont différents de vous. Peut-être la vraie vie ne vous aurait jamais permis de les rencontrer. Vous n'auriez jamais osé les aborder, parce que vous êtes timide. Vous n'auriez peut-être pas fait un pas vers eux, parce qu'ils vous auraient a priori semblés inintéressants. Vous ne les auriez peut-être jamais croisés, parce que vous ne vivez pas dans le même milieu..... Tant de barrières existent dans notre vraie vie....
Pour ma part, les blogs m'ont changé, m'ont ouvert l'esprit, m'ont permis d'évoluer, d'une certaine façon...Tous ces pseudos sans visages m'ont aidée, à leur manière.
Alors, me direz-vous, pourquoi une telle tristesse?
Et bien, depuis quelques semaines, je constate que beaucoup de blogs chez qui j'avais plaisir à passer un moment sont au repos...ou pire, ont mis la clé sous la porte. C'est un peu comme un petit zinc sympa où l'on prend son café, au milieu de visages d'anonymes qui vous sont devenus familiers. On s'y sent bien, même s'il ne se passe rien d'extraordinaire. Juste un instant de paix. Et un beau matin, l'on constate que son petit zinc est fermé, remplacé par une parfumerie ou une banque...On a un pincement au coeur. On sait bien qu'il y a plein d'autres zincs sympas peuplés de plein de visages d'anonymes qui nous deviendront familiers...Mais on se sent triste. C'est tout.
Je voudrais dire à tous ces compagnons sans visages qui sont partis vers d'autres cieux qu'ils seront toujours les bienvenus au terrier et que je leur sais gré de leur fugitive présence qui m'a aidée à grandir.
10:01 Publié dans les marmottes et les media | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
14/03/2006
Chuis Pas En....vacances!!!
Mais comment diantre, me direz-vous, se fait-il que la marmotte pianote sur son ordinateur UN MARDI A 10H30????
Serait-elle malade, grippée (avec toutes les pies enrhummées qu'il y a dans le jardin, faut se méfier) ? Vous m'imaginez déjà le nez rougi, les yeux cernés, la sueur au front, luttant contre la fièvre au milieu des mouchoirs en papiers épars.....
Et bien non, mon nez va bien, je vous remercie.
La marmotte devrait être en ce moment, et depuis 8 heures, salle C12, avec ses étudiants de 1° année de Droit en train de visionner la fin de "Mar Adentro" (excellent film de Amenabar) afin de pouvoir débattre avec eux des lois sur l'euthanasie (ou plutôt de l'absence de lois).... Elle aurait dû déjà faire le point sur leur grille de lecture, sur le rôle de chaque personnage, sur le rôle de la musique...
Et pourtant elle est là, dans son bureau du terrier, les fenêtres ouvertes sur le printemps, une clope à la main, digérant son petit expresso du matin.
???
En fait, je suis en vacances forcées, au chômage technique...payée à rien foutre (comme me l'a fait remarqué le Marmotton en chef -"comme d'habitude"- ...il a toujours beaucoup d'humour!!)
En fait, depuis la semaine dernière...toutes les chaises, tables, mobilier en tout genre, tout ce qui encombrait les amphis et les salles de cours, est savamment amassé devant les portes, style art contemporain. Un monticule de meubles. Une montagne de tubes en fer et de formica.

Alors je reste au terrier...et je profite du printemps.
10:00 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
09/03/2006
'chuis pas du matin...
...et pas de l'après-midi non plus!
(je sens que mes photos de Birkenau ont plombé l'atmosphère...d'où une petite note plus légère)
Parfois, je m'étonne encore: comment puis-je supporter une cadence de vie aussi contraire à mon biorythme?
Tous les matins, alors que je suis encore, qui à poursuivre des chats dans une ville inconnue, qui à voler au-dessus du terrier (et sans ailes, en plus, rien qu'à la force des bras!!), qui à m'entretenir avec des gens charmants que je ne connais pas mais en qui pourtant je lis à livre ouvert....il faut qu'une tonnitruante mélodie couverte par un grésillement insupportable me tire des bras de Morphée (au fait, chéri, si tu pouvais régler DEFINITIVEMENT le radio réveil sur la bonne fréquence...cela éviterait ces grésillements si peu euphoniques en des heures matinales difficiles).
Et là, je crois que seul un treuil correctement huilé pourrait me tirer de mon lit. Le marmotton se lève (au fait, chéri, si tu pouvais être plus discret le matin...), j'étends mes membres dans la tiédeur de la toute petite place que je lui laisse la nuit...Une minute, une toute petite minute de sommeil en plus. Je donnerais un royaume (que je n'ai pas, certes) pour une toutte petite goutte de black out total. Encore un tout petit instant dans les profondeurs délicieuses du songe.
-Tu te lèves?
- Mmmmmmphfffffffff.
Péniblement, je m'assois sur le bord du lit, tâchant de rassembler mes idées, hurlant (intérieurement) ma douleur à la lune diluée dans l'aube. Et puis, tout s'accélère, les minutes ont repris le contrôle de ma vie, elles s'écoulent, indifférentes, me narguent...Vite, vite, le temps est compté. Il presse, il se compresse. La course a commencé.
J'avale une tasse de café, bien noir, tandis que les enfants n'en finissent pas de finir de déjeuner. L'aînée est déjà prête, comme d'habitude. Les deux petits sont encore en pyjama.
- Qu'est-ce que je meeeeeeeets?
Question déconcertante. J'ai envie de répondre: "d'après toi?!.... j'hésite, ton costume de spiderman? Ton justaucorps de danse? Ton maillot de bain?????". Je réponds: "mais mon chéri, tout est prêt sur ton radiateur..."
ça y est, tout le monde est dans la bétaillère! Je fais le point au sommet avant de démarrer:
- Ticket de cantine?
-OK
- Sac de piscine?
-OK
-Cartable? (ne rigolez pas, c'est déjà arrivé qu'ils l'oublient!)
-OK
-Goûter?
-OK
-Ceintures bouclées?
-OK
C'est bon, on démarre! Me voilà au volant de la bétaillère à marmottons, filant dans les rues encore empesées de sommeil vers l'école. Le rond-point, le cédez-le-passage, un feu, deux feux, un ralentisseur...nous approchons de l'école quand...
- Mamaaaaaaaan, Marmotton, il a oublié ses chaussettes!!!!
(pour info, c'était un jour où il ne faisait que la bagatelle de -5° dehors).
Heureusement que l'école est pourvue de tous les vêtements oubliés chaque année par les enfants...et au nombre desquels on recense une paire de chaussettes!!
Une autre fois, on s'est rendu compte, un peu tard, qu'il était en pantoufles (bon, ce jour-là, j'ai quand même fait demi-tour) et la cadette, un jour, a fait la gym avec deux pieds gauches (j'avais pris deux paires identiques en soldes, hum)!!

Quand je dis que je ne suis pas du matin...
14:58 Publié dans vie du terrier | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
08/03/2006
L'horreur sous la neige
Auschwitz-Birkenau au mois de février...sans commentaires.





10:01 Publié dans les marmottes sortent du terrier | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
02/03/2006
Le 7° ciel...
C'est comme ça, la marmotte est un mammifère qui a les pieds sur terre...et qui entend les y laisser.
Nous sommes tous à l'aéroport. 7 valises pour 5 marmottes. Un vrai déménagement! N'y voyez pas une symbolique biblique visant à déjouer les esprits maléfiques des airs, ne croyez pas non plus que la marmotte est une bimbo qui a prévu vingt tenues différentes par jour...il fallait juste prévoir un peu de place pour ramener le maximum de vodka ambrée! On nous reconnaît de loin: dans la file des messieurs en costard/attaché case qui s'envolent d'un air blasé vers leur réunion à Paris, c'est nous qui faisons le plus de bruit autour de notre monticule de bagages....
Les marmottons sont tout excités, c'est la première fois qu'ils prennent l'avion: ça sautille, ça s'extasie (même que le doudou du dernier est passé au détecteur, même que l'aînée est devenue toute rouge parce que les fermetures éclair de son pantalon ont fait sonner le portique...)
Enregistrement, attente...et nous voilà dans l'avion. Je passe sur les quelques disputes et discussions de médiation (ben oui, il n'y a que deux hublots pour trois marmottons!).
L'hôtesse de service récite ses consignes de sécurité, sans entrain. Je me dis qu'elle pourrait au moins mettre le ton, c'est peut-être la dernière fois qu'elle nous parle. C'est là que je commence à ressentir une espèce de malaise, à me tortiller sur mon fauteuil -du moins dans les limites des possibilités que me laisse la ceinture que j'ai serré à bloc, entre mon estomac et mon intestin-. Je me rappelle les conseils prodigués par les sages-femmes dans les cours de pré-accouchement: les bienfaits de la respiration. Oui mais j'ai beau prendre de grandes bouffées d'oxygène, l'air reste bloqué: il doit y avoir des embouteillages, là, dans mon corps qui semble refuser cette situation. C'est une clope qui me faudrait, la cigarette du condamné, comme lorsque je traverse le tunnel de 8 kilomètres pour aller en Espagne. Alors, dans ma tête, je m'assène des phrases choc, style entraîneur d'équipe de rugby avant le derby Pouyastruc/Saint Sulpice des Toines: "allez les gars, on y croit! On va les bouffer. 'Faut tenir le premier quart d'heure, c'est un mauvais moment à passer. On va mouiller le maillot et serrer les dents!" Résultat: je crois que j'ai abandonné l'idée d'une reconversion en coach de rugby!
Le moteur se met à vrombir. Je sens mes mains devenir subitement moites et mes battement cardiaques s'accélérer. J'esquisse un sourire pour tromper l'ennemi. "Tu as peur maman?" "Hein???peur de quoi ma chérie?" Gloups, avaler cet afflux de salive. Commander à mon corps qu'il arrête de transpirer. 'Tain, c'est quoi ce souk dans mon corps? Je ne contrôle plus rien. Cette carcasse que j'entretiens depuis plus de trente ans ne m'obéit plus. Je n'ai plus les commandes. MèèèDèèèèèè! MèèèèèDèèèèèèè!
L'avion s'élance sur la piste. Plein gaz. Dans un vrombissement d'apocalypse. Je regarde mes enfants chéris. Sans doute sera-ce la dernière image d'eux que j'emporterai dans ma tombe....Ils sont morts de rire! Le petit, collé à son hublot, est aux anges, des étincelles plein les pupilles. Le visage de la cadette est barré d'un sourire d'une oreille à l'autre. Seule l'aînée est grave, le regard un peu inquiet. Je lui souris alors que l'avant de l'avion s'élève déjà. Je ne dois pas transmettre ma peur. Je n'ai pas le droit de leur gâcher leur baptème de l'air. Même si, à l'intérieur de mon corps, c'est la panique, je tâche de ne rien montrer en surface.
Et bien, vous le croirez ou non, mais l'accompagnement de ses marmottons est une bonne thérapie. J'ai réussi à surmonter mes peurs pour ne pas leur transmettre. Si, si!
Finalement, je me demande si je ne vais pas me mettre au rugby, moi....
11:12 Publié dans les marmottes sortent du terrier | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



