07/04/2006

Nous et les livres...

Sacrifiant à une tendance des blogs, je vais tâcher de répondre à quelques questions que je me pose moi-même (c'est très pratique)...à vous de faire de même!

Le premier livre que j'ai lu:

C'était un livre de la bibliothèque rose: Le parapuie à musique. Une vague histoire de vieux monsieur qui avait un parapluie qui faisait de la musique en s'ouvrant. Je me souviens très bien. J'avais 7 ans et j'étais très fière de passer à des livres qui n'avaient pas d'images à toutes les pages. Une vraie étape dans la vie: je lisais désormais des "livres de grands". Tout un symbole!

Je l'ai toujours dans ma bibliothèque, ce bouquin. Je l'ai donné à lire à mes marmottones: un flop!

 

Comment j'ai appris à lire:

A la maison, avec ma mère. Elle avait acheté les livres de CP, Daniel et Valérie, et m'avait initiée à la lecture en fin de maternelle (ce qui m'avait permis de bien m'emmerder en CP). Dans notre banlieue (j'habitais alors la banlieue nord de Paris), elle m'improvisait un petit bureau (ma petite chaise à côté d'une chaise d'adulte) et je "jouais à l'école" au lieu d'aller bavasser devant l'immeuble.

J'ai fait un peu pareil avec mes marmottons (sauf la seconde qui est de fin d'année et doit ramer parce qu'elle est toujours la plus jeune de sa classe). Je constate qu'en grande section, les gamins sont souvent déjà "mûrs" pour la lecture. En ce moment, le petit me réclame d'avancer dans l'histoire de Daniel et Valérie (et oui, j'ai aussi conservé ma vieille méthode si controversée!!). Tout y passe: les étiquettes des céréales, les noms sur les bouteilles de jus d'orange, les affiches...Il va plus vite que moi!!

 

Où je lis:

Quand j'étais petite, je lisais toujours dnas mon lit. Puis, avec les études, le moment du soir ne suffisant plus, j'ai lu à mon bureau. Avec l'arrivée des marmottons et la nécessité d'étudier au calme pour la thèse et autres concours, j'ai dû me réfugier dans le dernier endroit où les petits ne me harcelaient pas (avez-vous essayé de vous plonger dans une analyse littéraire ou philosophique avec toutes les 4 minutes: "Mamaaaaaan, A. m'a pris mon poney magique" ou "Mamaaaaan, quand est-ce qu'on goûte?" ou encore "Mamaaaaaaan, M. m'a tiré la langue"...liste non exhaustive, bien sûr!)

Du coup, j'ai pris l'habitude de me faire couler un bain et de me réfugier dans l'eau avec mes bouquins. C'est une technique particulière à acquérir pour ne pas mouiller les pages qui pourraient devenir définitivement ondulées à souhait. Aujourd'hui, j'arrive même à souligner des passages et à prendre des notes en milieu aquatique!

De plus, j'ai remarqué que les lectures les plus insipides gagnent à être faites dans un environnement agréable. C'est souvent le conseil que je donne aux étudiants pour bosser leurs conjugaisons en espagnol: un bain, un peu de mousse...et le Bescherelle! La mémoire fonctionne avec le plaisir.

 

L'endroit le plus incongru où j'ai lu:

En haut d'un arbre. J'ai souvent allié mon plaisir à grimper aux arbres à celui de lire. Dernièrement, au terrier, on avait taillé un arbre envahi de lierre et j'ai profité de l'échelle pour passer un excellent moment dans un nid de lierre, perchée à plusieurs mètres et dissimulée de tous par la verdure...un régal!

 

Le livre que je ne voulais pas finir tellement c'était bien:

Il est des livres qui vous procurent tellement de plaisir que vous vous freinez (difficilement) pour ne pas arriver trop vite au mot "fin". Vous regardez avec angoisse le nombre de pages restantes qui s'amenuise progressivement et vous tâchez de vous contrôler, partagé entre la jouissance de la lecture et la crainte que celle-ci s'arrête. Un peu comme en amour, en quelque sorte!

Difficile de faire un choix, mais si je ne devais en citer qu'un, je dirais Voyage au bout de la nuit . A peine achevé, je l'ai recommencé...avec le même plaisir!

 

La façon la plus inattendue de connaître un auteur

C'est par un exercice de version espagnole que j'ai connu Julio Llamazares. Le texte proposé était un extrait de La pluie jaune. Je ne me rappelle plus si j'ai eu une bonne note ce jour-là, mais j'ai trouvé le passage tellement poétique et fort que je me suis empressée de l'acheter. J'ai été conquise par ce style à la fois sombre et musical...à tel point que quelques années plus tard, lorsque s'est présentée à moi l'opportunité de travailler à un sujet de thèse, je n'ai pas hésité un seul instant, j'ai choisi cet auteur.

Maintenant que je connais Julio et que je sais qu'il déteste que ses textes soient proposés dans le cadre scolaire...je ne peux m'empêcher de penser que peut-être, sans cet exercice de version, je ne l'aurais jamais connu!! Comme quoi, l'école peut parfois insuffler des passions et participer au destin des gens...non?

 

Ce que je déteste qu'on fasse avec un livre

J'ai déjà dit que j'avais un mal fou à prêter un livre (surtout quand on ne me le rend pas!!!). Sans doute, suis-je excessive (c'est ça l'amour!!) mais qu'on fasse du mal à un livre me met dans tous mes états: je ne supporte pas qu'on déchire, qu'on gribouille sur les livres, ou pire, qu'on me les rende avec des taches de café ou de gras. Les enfants l'ont bien compris, je leur ai appris à respecter ces objets précieux. En revanche, je corne souvent les miens pour me rappeler les passages qui m'ont alerté ou, lorsque j'ai un crayon en main, je souligne ou anote les marges.

Dans ce cas, prêter un livre anoté, c'est livrer un peu de soi-même...

 

Mais au fait...et vous?

Commentaires

Que de bonheur de lire dans ces lignes!

- Moi aussi j'ai appris avec "Daniel et Valérie". Je me souviens d'une histoire de Poule de Papa en chocolat pour Pâques... Enfin, un truc dans le genre. Je la trouvais géniale moi-aussi cette bonne vieille méthode, pas comme ce qu'on fait maintenant etc. Et puis, une brocante, je tombe dessus, je feuillette, je trouve la poule (trop Top les dessins vieillots) et je me dis "quand même! c'était bien mieux cette bonne vieille méthode syllabique" (car Maryse n'est pas toute jeune non plus...). Je tombe sur la note de l'auteur : merde! Daniel et Valérie une méthode semi-globale... Je ne l'ai pas acheté le bouquin : non pas que je sois partisane de telle ou telle méthode, mais là franchement, je me suis demandée ce que valaient mes souvenirs d'école...

- ma première fois : j'ai un peu honte! (les malheurs de Sophie et bien sûr les petites filles modèles : lectures - relectures - dessins décalqués et coloriés)

- mes excès : des grandes phases de boulimie et des périodes encore plus longues de rejets et de régressions intellectuelles

- mes mesquineries : moi soit je le donne le livre (parce que je n'en veux plus évidemment) soit je raconte que je ne le trouve plus et que je ne peux donc pas le prêter!

- mon grand amour : Balzac

- une perversité : 2 Sade ( lus et jetés : eh oui. Pas question d'avouer lire ça en public) après la comtesse de Ségur, c'était préférable.

Écrit par : maryse | 07/04/2006

Ohlala, elle corne les pages... Je deteste que ma mere me prenne un livre, et que je le retrouve avec des pages cornées. Mais je n'ai pas assez d'experience pour bien repondre a toutes ces questions (je n'ai pas connu Daniel et Valerie, moi!), je me contenterai d'un mot plein de sens : "Youpie."

Écrit par : Pas d'accord... | 07/04/2006

Amis de la génération "Daniel et Valérie" bonsoir ! Oui je l'avoue, j'en suis aussi... Pas de honte, apparemment ça n'a pas trop mal marché sur nous !
... et moi aussi j'ai été une fervente adepte de la Comptesse de Ségur, faut pas avoir honte non plus ... seul compte le plaisir de la lecture...
Pour la suite, c'est un peu comme avec le cinéma, difficile d'en choisir un seul...
Zola (tous), le Parfum de Suskind, Le monde de Sophie de Jostein Gaarder,...
Oserai-je te l'avouer marmotte... il m'est arrivé de penser que Céline avait bel et bien écrit le voyage au bout de ..l'ennui !!!!
Oui je sais ça fait mal !!! Mais peut-être n'avais-je pas encore la maturité nécessaire...
Allez, je te promets de réessayer ...
P.S : à propos de prêter des livres... heu... disons que je dois t'en rendre deux que tu m'as prêtés il y a de cela ... presque 10 ans !!!
Si tu t'en souviens, je promets devant tous les bloggers du monde que je te les rendrai dans une quinzaine de jours...
Un indice: l'un est en français, l'autre en espagnol...

Écrit par : lolotte | 08/04/2006

Puisqu'on reste dans le même sujet, et à ta demande, je balance ici la liste non exhaustive des livres que je n'ai jamais terminés : "La fée carabine " de Pennac, "1984" d'Orwell, "Demain les chiens" de Simak et bien d'autres dont je ne me souviens plus. Sinon, difficile de répondre aux questions tant j'ai une mauvaise mémoire ou tant mes réponses seraient sans intérêt. Je peux juste dire que j'ai découvert quelques bouquins intéressants durant ma scolarité tels que "Vipère au poing" d'Hervé Bazin (sans doute un ovni parmi les récits d'enfance qu'on nous sert à la pelle durant la scolarité!), "Histoire de ma fuite des Plombs" de Casanova (histoire rocambolesque de l'évasion du célèbre séducteur aventurier philosophe de la prison de Venise) ou encore "La planète des singes" de Pierre Boulle (une fois qu'on a commencé à le lire, on ne peut plus s'arrêter).

Écrit par : Guillaume | 08/04/2006

@maryse: un joli couple, la comtesse et le marquis!!!
@lolotte: je ne souvenais plus de tes emprunts, mais maintenant que tu le dis, va falloir me les ramener!!!
@guillaume:il ne faut pas dire que tes réponses seraient sans intérêt...ça nous intéresse, nous! Moi aussi, l'histoire de Folcoche m'a tourneboulée!!

Écrit par : la marmotte | 09/04/2006

Une disciple de Daniel et Valérie de plus (moi, je me souviens d'une histoire de hache et de bûcheron... et des couleurs très 70's, marron et orange, des illustrations!)
Premier livre lu... Peut-être un club des 5, mais ça n'est pas clair. J'étais plutôt comme le marmotton : boulimique de lecture, titre des livres des parents, pubs, ingrédients du paquet de gâteaux... total : rien ne se distingue vraiment !
Mon écrvain favori, je l'ai moi aussi découvert en version : Muñoz Molina, dont j'ai tout lu et relu, surtout "El jinete polaco", tellement lu que les pages s'en détachent, comme celles de "Magdalena es un nombre de tango", d'Almudena Grandes, pas de la grande littérature, mais super marquant...
En revanche, dans la catégorie : livre que je n'ai jamais fini... ben ustement, cela fait des mois, et des mois,... que Llamazares est sur ma table de nuit. Je trouve ça super beau, mais ardu... je ne désespère pas d'arriver au bout un jour ou l'autre

Écrit par : chiquilla | 09/04/2006

"Dans ce cas, prêter un livre anoté, c'est livrer un peu de soi-même..." : j'ai lu la semaine dernière "Falaises" d'Olivier Adam, et je me retrouve complètement partagée entre deux envies contradictoires : l'envie de le faire lire à tout le monde, et l'impossibilité de le prêter tellement les phrases que j'y ai cochées font écho à ce qu'il y a de plus intime en moi. Alors voilà, je vais attendre qu'il sorte en poche, et je l'offrirai!! Parce que, comme ça, non, vraiment, je ne peux pas le prêter!! en tout cas, j'en conseille vivement la lecture. Je l'ai lu d'une traite, dans le train entre Vierzon et Avignon, et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps tellement c'est poignant. Le mec assis en face de moi devait se demander ce qui me mettait dans cet état!!

Écrit par : Stéphanie | 10/04/2006

@chiquilla: moi aussi je me souviens des couleurs de "Daniel et Valérie"...et je détestais les pages orange et marron, alors je me dépêchais de les lire pour pouvoir me délecter des images en polychromie...surtout "bobi trotte" (quand ma grand-mère a eu un chien, il a FALLU l'appeler Bobi sous peine de crise de nerfs!!!)
Quant à Julio, je crois que, comme Céline, soit on adôôôre, soit "ça barbe grave" comme diraient les copines de ma fille!!!!
@stéphanie: ouais, mais si en plus il fait pleurer, ton bouquin...en ce moment j'aurais plutôt envie -besoin?- de me marrer!!!!

Écrit par : la marmotte | 10/04/2006

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