12/04/2006
Au boulot!
ça y est les gars, on retourne au boulot! Les barricades sont levées...les tables et les chaises sont remises dans leurs salles
pioufffff! la marmotte avait pris l'habitude de glander, ça va être dur!!!!
10:26 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
14/03/2006
Chuis Pas En....vacances!!!
Mais comment diantre, me direz-vous, se fait-il que la marmotte pianote sur son ordinateur UN MARDI A 10H30????
Serait-elle malade, grippée (avec toutes les pies enrhummées qu'il y a dans le jardin, faut se méfier) ? Vous m'imaginez déjà le nez rougi, les yeux cernés, la sueur au front, luttant contre la fièvre au milieu des mouchoirs en papiers épars.....
Et bien non, mon nez va bien, je vous remercie.
La marmotte devrait être en ce moment, et depuis 8 heures, salle C12, avec ses étudiants de 1° année de Droit en train de visionner la fin de "Mar Adentro" (excellent film de Amenabar) afin de pouvoir débattre avec eux des lois sur l'euthanasie (ou plutôt de l'absence de lois).... Elle aurait dû déjà faire le point sur leur grille de lecture, sur le rôle de chaque personnage, sur le rôle de la musique...
Et pourtant elle est là, dans son bureau du terrier, les fenêtres ouvertes sur le printemps, une clope à la main, digérant son petit expresso du matin.
???
En fait, je suis en vacances forcées, au chômage technique...payée à rien foutre (comme me l'a fait remarqué le Marmotton en chef -"comme d'habitude"- ...il a toujours beaucoup d'humour!!)
En fait, depuis la semaine dernière...toutes les chaises, tables, mobilier en tout genre, tout ce qui encombrait les amphis et les salles de cours, est savamment amassé devant les portes, style art contemporain. Un monticule de meubles. Une montagne de tubes en fer et de formica.

Alors je reste au terrier...et je profite du printemps.
10:00 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
16/12/2005
Les larmes d'Uma Thurman
J'ai Uma Thurman en cours. Ouaip, même qu'elle est en première année!
Dès le début de l'année, cette gamine m'a frappée. Sans doute ce mélange de ténacité et de fragilité dans le regard. Sans doute sa peau presque translucide, ses cheveux très blonds et ses yeux délavés. Sans doute ce sourire craintif, apeuré...Je ne saurais dire pourquoi, c'est la première fois qu'un tel sentiment m'assaille. Quand je la regarde, je m'attendris, je fonds. Bien sûr, je vous rassure, il s'agit d'un attendrissement tout intérieur: je vous vois d'ici, m'accusant de partialité, d'avoir "mes têtes", de favoriser "mes chouchous".... Loin de moi une telle attitude: je souris, c'est tout, comme je souris avec tous les autres (sauf quand ils m'emmerdent, mais ça c'est normal, et c'est, somme toute, assez rare). Je vous avouerais que ce sentiment m'a taraudé, préoccupé, inquiété même: pourquoi cette gamine plutôt qu'une autre? Serais-je une fan de Kill Bill sans le savoir? A force d'interrogations obstinées et d'auto-divan j'ai fini par comprendre: en fait, cette petite jeune ressemble à ma marmottone cadette, en plus âgée! (ou du moins à l'idée que je me fais, inconsciemment, de ma fille dans quelques années... )
Piouf, c'est compliqué tout ça!
Ce matin, donc, à 8 heures, mes 150 premières années avaient rendez-vous pour un grand rassemblement en amphi: le contrôle d'espagnol. Youpiiiiiii!
Je ne vous refais pas la manoeuvre (z'aviez qu'à lire la note précédente), c'est la même chose à part que ça monte et ça descend, les promenades en amphi! Au bout d'un moment, je me rends compte que la petite Uma Thurman n'est pas là. Dame! pensé-je, elle doit être malade... Je m'en inquiétai auprès d'une de ses copines: elle ne savait pas...
L'heure et demi de contrôle s'écoula. La plupart des étudiants s'empressa de rejoindre la sortie, certains s'attardaient, par grappes. Tandis que tous remontaient les marches, je la vis descendre: Uma Thurman arrivait, livide, les yeux rougis et gonflés de chagrin.
- Et bien, qu'est-ce qui t'est arrivé?
Et là, elle fond en larmes. Entre deux sanglots, elle hoqueta:
- J'ai confondu, je croyais que c'était 8H30 Ouiiiiiiiiin! (c'est dur à refaire le son des larmes)
- Mais c'est pas grave. On va s'arranger....
- De toute façon, je savais que je le raterai (re-larmes)...J'en ai rêvé cette nuit....J'ai rêvé que je le râtais, ce contrôle (re-hoquets)
- Allez, viens, on va prendre un café et on va arranger ça (rien ne vaut un petit café et le sourire du Maître des Expresso)
Tandis qu'elle se mouche et qu'elle sèche ses yeux tout bouffis, je rassemble mon demi quintal de copies. Chemin faisant, elle m'explique que lorsqu'elle est arrivée, elle a pris conscience qu'elle s'était trompée d'horaire, qu'elle n'avait pas osé rentrer et que depuis une heure, elle pleurait comme une âme en peine (ça, c'est moi qui rajoute) derrière la porte.
-Deux cafés et un cognac pour la demoiselle, siouplaît! Elle sourit.
Allez, ce n'est pas grave. Ce n'est ni un partiel, ni un concours, c'est juste un contrôle continu. Demain, tu viendras à l'heure. Je te mettrai dans notre cagibi qui nous sert de bureau et tu feras ton examen toute seule....Rassurée?
09:28 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
14/12/2005
Surveillance...
Période de partiels...
J'arrive le sac vide, je repars le sac rempli de kilos de copies. C'est un peu l'inverse du père Noël. Je charge ma petite hotte personnelle: une bonne centaine de cadeaux fabriqués par les petites mains de mes étudiants. C'est un peu comme un Noël en famille. Certains auront fait de leur mieux, auront cherché pendant deux heures ce qui pourra me faire plaisir: un joli verbe irrégulier bien conjugué, une belle structure idiomatique que j'avais remarquée en classe. D'autres ont peu de moyens mais ils s'appliquent, la langue en coin: ils ne savent pas trop quoi m'offrir mais s'efforce de faire un joli paquet avec une belle écriture et les questions soulignées avec soin. Et puis il y a ceux qui s'en foutent, ils sont là parce qu'on leur a dit de venir, et puis d'abord, ils n'aiment pas ce genre de réjouissances en famille. Alors ils gribouillent deux trois mots, histoire de me montrer qu'ils étaient là, histoire de ne pas trop froisser la maîtresse de maison...
Les deux porteurs de copies blanches sont déjà sortis. Je parcours les travées, faisant mine de ne pas prêter attention aux jolis cadeaux qu'ils sont en train de me confectionner. Discrètement, je jette un oeil sur un coin de copie. Ah, Jennifer, combien de fois ai-je dit de faire attention à la règle de la concordance des temps! Thomas, n'avais-je pas dit et redit que l'"augmentation" est masculin en espagnol? Je passe mon chemin, impassible, même si la phrase entrevue me fait un peu mal (encore un point qu'il faudra revoir et revoir encore, inlassablement). Mon regard glisse, comme distant, indifférent, mais au détour d'une rangée, par-delà les échines courbées, j'aperçois d'autres erreurs, d'autres incorrections. Je sais qu'en ce moment, ils font de leur mieux, mais j'ai du mal à réprimer un soupir. Il reste tant à faire!
Soudain, un brouillon s'agite, là-bas, au fond de la salle. Il semble jeter des signaux vers Elodie, derrière lui. Youp là, eh oh, Mélanie, ma cocotte, inutile de communiquer tes erreurs à ta voisine de derrière, elles ne lui seront d'aucun secours!! Je dégaine mes colts, la chasse aux tustes est ouverte! (euh oui, les "tustes" c'est les "anti-sèche" en langue de par chez nous!!)...en bref, je continue ma petite promenade dans les travées en ouvrant l'oeil et le bon...
Ce n'est pas tant les brouillons ou les trousses qui sont dangereuses....ce sont les portables! Il y a un petit malin, l'année dernière qui avaient mis toutes les conjugaisons en mémoire!!! Certains sont venus comme s'ils allaient soutenir un siège ou passer la dissert de 7 heures d'agrég: thermos de café, biscuits protéinés (je suis sûre que dans leur cartable ils ont la couverture de survie et le réchaud)...Tiens, j'en prendrais bien un, moi, de café....parce qu'à force de tourner en rond comme un poisson dans un bocal, j'ai les paupières qui deviennent lourdes, lourdes, lourdes....
Les minutes s'égrennent, longues pour moi, trop courtes pour eux...
Voilà enfin la salle vide. Je rassemble mon tas de petits cadeaux, charge ma hotte et m'en retourne vers ma bétaillère (oui, je sais c'est moins fun que le traîneau avec les rennes, mais au moins j'ai la radio!!).
Il faudra que je commande au Père Noël, le vrai, un stock de stylos verts, je crois que je vais en avoir bien besoin!!
14:08 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
05/12/2005
Ode au sourire....
C'est un lundi matin, comme tous les lundis matins. Un jour fade vient de se lever. Le ciel a la gueule de bois et vomit des litres de flotte sur les trottoirs poisseux. Les voitures se pressent toutes, s'agglomèrent aux ronds-points, comme si elles sentaient le froid intense du petit jour. Normal, tout le monde est à la bourre: c'est un lundi matin, comme tous les lundis matins.
Le parking des profs est quasiment vide. Je sais que ma voiture sera aussi toute seule, ce soir, à 20 heures, quand je sortirai. Rentrée avec la nuit, je sortirai avec la nuit. C'est comme ça: c'est un lundi matin, comme tous les lundis matins.
Les couloirs sont déserts, lisses, encore propres, avant que des centaines de pieds ne les souillent dans quelques heures. Je franchis le hall où quelques étudiants mal réveillés fument leur clope devant les tableaux d'affichage. Des visages fermés, mal défripés de leur nuit de sommeil encore proche. Une porte est entrebaillée. Mon regard y plonge, presque involontairement: des rangées de chaises attentives, un tableau luisant, prêt à recevoir des bribes de savoir, comme un écran éteint.
Mais, là-bas, au fond du patio, il y a de la lumière. Mes pas m'y mènent. Ils connaissent le chemin. Toujours le même, comme tous les lundis matin et tous les autres matins.
La cafet est ouverte, encore vide. Seuls quelques étudiants épars finissent d'y déjeuner devant un devoir en retard.
Lui, il est là, fidèle au poste. Toujours le sourire. Toujours un petit mot gentil qui met du baume au coeur. C'est le gardien de la caféine, le maître de l'expresso. C'est aussi le premier sourire du matin. Ce ne sont que 5 minutes avant de se jeter dans l'arène, mais 5 minutes nécessaires. Je crois que ce n'est pas tant ma dose de caféine que je viens chercher là, mais son sourire et son amabilité. Je lui donne le score du match de hand, on parle un peu rugby...c'est tout.
Je repose ma tasse sur le zinc. Je souris. C'est un lundi matin, comme tous les lundis matins.
15:25 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
22/09/2005
Déprime d'après corrections
Je suis encore sous le choc. Deux paquets de copies à corriger en deux jours: session de septembre pour les 1° années de Lettres.
En général, avec mes étudiants de droit ou de tourisme, je ne vois que des fautes d'espagnol. Certes, certaines erreurs m'attristent. Je me dis que le message n'est pas complètement passé, que je n'ai pas réussi à leur communiquer l'importance de tel ou tel point, que je ne suis pas parvenue à transmettre l'urgence de maîtriser une langue étrangère... mais bon, cela ne reste qu'une langue étrangère. Pour la plupart, cette méconnaissance n'aura que peu de conséquences dans leur vie quotidienne. Restons modestes!
La particularité avec les étudiants de lettres, c'est que leur partiel comporte un exercice de traduction qui me permet de lire quelques lignes en français. Et là, très sincèrement, cela me fait du mal. Je vous soumets quelques "perles" choisies parmi d'autres dans une liste tellement longue...trop longue.
l'anonima
ces femmes ont étées...
Quant on prend...
des contributions si importante
elles étaient entrain de...
elles avait...
comme si on les maintienent...
ils vûrent des fourmies
ils ont tout regarder
ils n'en n'ont trouvé aucune
vous voullez savoir
la basse-courre
je leur dit que..
je veux que vous me dîtes
-"Demandait leur, monsieur!"
Au fur et à mesure que les copies corrigées s'entassaient, je suis passée de la colère initiale à un sentiment diffus, étrange: un mélange d'incompréhension, d'impuissance, de découragement...
Comment en est-on arrivé là? Comment des étudiants de 1° années à la fac de lettres peuvent-ils à ce point méconnaître le français? La faute à qui? Les SMS? La télé poubelle? Un bac bradé? Les parents? Notre système éducatif? Nous les profs? ... je ne sais plus, je ne comprends plus.
Faut-il décréter que l'orthographe est négligeable, que cela ne compte plus?...Et puis dans quelques générations on étudiera la langue française orthodoxe comme le latin ou le grec? Faut-il, au contraire, lutter, faire de la résistance pour sa sauvegarde? Je ne sais plus.
A quoi je sers moi? Pourquoi leur apprendrais-je l'espagnol alors qu'ils ne maîtrisent pas leur propre langue? Piouf!...que de questions dont je n'ai pas la réponse! que de problèmes que je ne contrôle pas!
Socorroooooooo!
10:45 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
05/07/2005
Petit bêtisier de fin d'année
Sacrifiant à la mode qui s'empare des médias en manque d'inspiration et de créativité chaque fin d'année, je soumets à votre sagacité mon petit bêtisier des dernières copies corrigées.
Il s'agit d'un examen d'espagnol pour les 1° années de Lettres (entendez Lettres Modernes, Lettres Classiques, Histoire, Histoire de l'art, anglais et LEA) comprenant quelques lignes de traduction.
Copie 1: "...en tantant d'empécher..." "...les gens continuèrent de sucomber".
Copie 2: "...voulant oublier cette épisode..." "...murmure t'il..."
Copie 3: .... (mince, copie blanche!)
Copie 4: "...voulant tant oublier cet épisode..."
Copie 5: "...cela lui fait mal de se rappeller..." "...ont essayé d'interdir..."
Copie 6: "...quelques laboratoire anglais et américain..."
Copie 7: "... la population continue de tombée..."
Copie 8: "...toute les dix secondes..."
Copie 9: "...evidement, je suis rester seul..." "...la population continue d'être infecté..."
Copie 10: "...Il lui est difficil de..." "...où la terrible infeccion frappa..."
Copie 11: "...le terrible virus se répend..."
Copie 12: "... les laboratoires...ont intentés d'empêcher..." "...chaques 10 secondes"
Copie 13: "...ont essayés d'empêcher..." "...les gens continu de tomber..."
Copie 14: "...la terrible inffection..." "celui qui voulais oublier "
Copie 15: " ça lui fait du mal de se rapeler" "les laboratoires ont utiliser" "ils m'ont laissés seul"
Copie 16: " de se rapeller..." "la population continue a mourrir" "le parasyte de la malaria"
Petit florilège des dernières perles en date. Je ne recense ici que les fautes d'orthographe...laissant de côté les jolis contresens et autres surprenantes traductions.
Vat faloir arétez d'écrir des SMS sinont tous fous le quand.
11:43 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
02/07/2005
Vide...

Ce matin, je devais amener à la fac la petite New-Yorkaise qui habite au terrier pour un mois.
Nous devisions tranquillement sur le chemin de l'Université quand soudain, ce fut le choc. Non, n'allez pas croire que, distraite par notre causerie, j'heurtai violemment le pare-choc d'une quelconque voiture sur mon trajet. Non, je veux parler d'un véritable choc émotionnel.
LA FAC ETAIT VIDE.
Tous partis. Le parking d'ordinaire encombré (si bien que d'aucuns prennent la fâcheuse manie de stationner sur les pelouses)...était complètement vide. J'ai bien cru un instant que je me trouvais dans le Madrid de "Abre los ojos" (film d'Alejandro Amenabar dont Tom Cruise a fait une pâle copie, "Vainilla Sky").
Des rues désertes où il n'y a pas âme qui vive. Ce silence, lourd, pesant. La cafet, où je vais habituellement prendre ma petite dose nécessaire de caféine et de nicotine, fermée! Là où, dans une épaisse fumée, le petit monde des étudiants grouillait de vie, -certains recopiant leurs cours, d'autres jouant bruyamment au tarot, d'autres encore se racontant leur biture de la veille ou séchant, tout simplement- se trouvait désormais une salle devenue trop grande, trop propre, et qui n'offrait plus guère à la vue que les pieds des chaises retournées sur les tables.
Les couloirs désolés avaient une allure fantomatique qui me noua la gorge. Tout était propre, comme suspendu, en attente. Aucune trace de la multitude de gobelets vides qui traînent généralement ça et là. On aurait dit un château endormi par un maléfice qui forçait au silence. On n'osait à peine troubler cette quiétude inquiétante (hé hé, quiétude inquiétante...oui, je sais, c'est nul).
Comme nous étions un peu en avance, je me rabattai sur la machine à café, histoire de vérifier si l'envoutement touchait aussi son infâme café soluble...et puis aussi pour dissiper cette atmosphère bizarre qui me mettait vraiment mal à l'aise. Je n'avais jamais entendu aussi distinctement le bruit de la pièce tombant dans les entrailles de la machine...
Heureusement, le groupe des étudiants étrangers est arrivé dans une joyeuse pagaille...Enfin un peu de vie!
Cela peut paraître étrange, mais je suis partie sans attendre. Cette vision m'a fait froid dans le dos. Je n'aime pas la fac que j'ai vue ce matin. Ce n'est pas la mienne. Je n'aime pas cette fac morte, elle a des allures de fin du monde, de mon monde.
Brrrrrr...Vivement septembre!
11:46 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
07/06/2005
Piotr...
Ce matin, surveillance d'exams de 2° session de droit, amphi 600...
(Je passe sur cette avancée de la session de septembre à juin, censée lutter contre l'absentéisme et qui aboutit aux mêmes amphis clairsemés et aux mêmes copies blanches...)
Alors que tous planchaient (ou somnolaient devant leur sujet) depuis près d'une heure, un étudiant débarque soudain.
Hirsute, dans un vieux survêt froissé et tout taché, le blondinet explique en roulant les "r" qu'il souhaite passer l'épreuve malgré son retard.
Je le cherche sur les listes, peine perdue: Piotr W est introuvable.
Le chef de salle intervient (prof de droit, tout en haut de la longue échelle hiérarchique de l'enseignement supérieur...à côté, moi, prof de secondaire détaché, prof de langue qui plus est, je ne suis qu'une crotte de mouche, quantité négligeable face à cette sommité...).
-" Qu'est-ce qu'il nous veut, celui-là? Il n'avait qu'à se lever ce matin!"
-"..."
-"Comment? Il n'est pas sur les listes? Allez voir la scolarité, jeune homme!"
Et voilà notre pauvre Piotr reparti vers les bureaux de l'administration, son sandwich au fromage à la main (oui, il avait une espèce de Kiri écrasé entre deux tranches de pain noir...je ne sais pas pourquoi, ça m'a fait penser à Germinal).
Le chef de salle, bravant toutes les convenances hiérarchiques, me dit:
-" Ah, ça, c'est la crème des étudiants! C'est pas avec ça qu'on va relever la France!
-"..."
-" Vous avez vu sa tête? Encore un camé!"
-"..." (surtout rester zen, sinon je pourrais lui mettre un grand pain dans sa gueule et lui faire sauter toutes ses dents -elle est pas commode, la marmotte, quand elle est en colère- comme ça, la France, elle ne compterait plus qu'une éminence grise édentée)...
Au bout d'un moment, le jeune russe revient:
-" Les burrreaux n'ouvrrrent qu'à 10 heurrres...."
Ni une ni deux, le chef de salle part en quête d'une sécrétaire de la scolarité (on peut être un éminent juriste et avoir besoin d'une secrétaire...)
Et notre Piotr reste là dans son survêt sale, à regarder ses petits copains plancher pendant que l'heure tourne...
Je lui demande ses prénoms et écume les listes, au cas où l'on aurait inversé l'ordre de son patronyme (chose qui peut arriver chez les étudiants d'origine étrangère). J'aimerais vraiment l'aider, trouver son nom quelque part et abréger son attente. Je lui lance un regard désolé, il me fait vraiment pitié, ce petit russe. Il a dû comprendre mon impuissance, il me dit:
-" Merrrci, madame, merrrci"
Mais le chef de salle revient, flanqué d'une secrétaire:
-" Mais, monsieur W, vous avez déjà validé votre année!"
En réalité, ce "sale camé" n'était autre qu'un étudiant consciencieux qui avait déjà réussi toutes ses UV et voulait améliorer sa note en repassant l'épreuve.
Le visage de Piotr ne m'a pas quitté de la matinée. J'aurais bien voulu le retrouver, mais il était parti, voir si je pouvais l'aider d'une façon ou d'une autre ou tout simplement échanger quelques mots. Lui montrer que tous les profs n'étaient pas des juristes éminents tout en haut de la longue échelle hiérarchique de l'enseignement supérieur...
Je crois qu'il était plus intelligent et qu'il avait compris...
Au revoir, Piotr...bon courage!
14:34 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
24/05/2005
Grosse fatique II
Hé, hé...je viens d'apprendre ce matin que les délibérations sont reportées...AU 21 JUIN!!!
Le bon Dieu des marmottes a encore frappé: j'ai encore plus de temps pour corriger mes 80 copies!!!
Du coup, je vais m'enfiler 2 paquets de fraises tagada ce soir, (tant pis pour le maillot de bain, et puis de toute façon, c'est élastique le lycra)...et puis pour fêter ça on va organiser une super fiesta avec boule disco et élection de Mister Tshirt mouillé....YOOOOUUUUPIIIIIIII!!
Comme quoi, même quand on est à la bourre, l'Education Nationale est encore plus en retard que nous!!
16:51 Publié dans fac à marmottes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note



