08/03/2006

L'horreur sous la neige

Auschwitz-Birkenau au mois de février...sans commentaires.

 

02/03/2006

Le 7° ciel...

C'est comme ça, la marmotte est un mammifère qui a les pieds sur terre...et qui entend les y laisser.

 

Nous sommes tous à l'aéroport. 7 valises pour 5 marmottes. Un vrai déménagement! N'y voyez pas une symbolique biblique visant à déjouer les esprits maléfiques des airs, ne croyez pas non plus que la marmotte est une bimbo qui a prévu vingt tenues différentes par jour...il fallait juste prévoir un peu de place pour ramener le maximum de vodka ambrée! On nous reconnaît de loin: dans la file des messieurs en costard/attaché case qui s'envolent d'un air blasé vers leur réunion à Paris, c'est nous qui faisons le plus de bruit autour de notre monticule de bagages....

Les marmottons sont tout excités, c'est la première fois qu'ils prennent l'avion: ça sautille, ça s'extasie (même que le doudou du dernier est passé au détecteur, même que l'aînée est devenue toute rouge parce que les fermetures éclair de son pantalon ont fait sonner le portique...)

Enregistrement, attente...et nous voilà dans l'avion. Je passe sur les quelques disputes et discussions de médiation (ben oui, il n'y a que deux hublots pour trois marmottons!).

 

L'hôtesse de service récite ses consignes de sécurité, sans entrain. Je me dis qu'elle pourrait au moins mettre le ton, c'est peut-être la dernière fois qu'elle nous parle. C'est là que je commence à ressentir une espèce de malaise, à me tortiller sur mon fauteuil -du moins dans les limites des possibilités que me laisse la ceinture que j'ai serré à bloc, entre mon estomac et mon intestin-. Je me rappelle les conseils prodigués par les sages-femmes dans les cours de pré-accouchement: les bienfaits de la respiration. Oui mais j'ai beau prendre de grandes bouffées d'oxygène, l'air reste bloqué: il doit y avoir des embouteillages, là, dans mon corps qui semble refuser cette situation. C'est une clope qui me faudrait, la cigarette du condamné, comme lorsque je traverse le tunnel de 8 kilomètres pour aller en Espagne. Alors, dans ma tête, je m'assène des phrases choc, style entraîneur d'équipe de rugby avant le derby Pouyastruc/Saint Sulpice des Toines: "allez les gars, on y croit! On va les bouffer. 'Faut tenir le premier quart d'heure, c'est un mauvais moment à passer. On va mouiller le maillot et serrer les dents!" Résultat: je crois que j'ai abandonné l'idée d'une reconversion en coach de rugby!

 

Le moteur se met à vrombir. Je sens mes mains devenir subitement moites et mes battement cardiaques s'accélérer. J'esquisse un sourire pour tromper l'ennemi. "Tu as peur maman?" "Hein???peur de quoi ma chérie?" Gloups, avaler cet afflux de salive. Commander à mon corps qu'il arrête de transpirer. 'Tain, c'est quoi ce souk dans mon corps? Je ne contrôle plus rien. Cette carcasse que j'entretiens depuis plus de trente ans ne m'obéit plus. Je n'ai plus les commandes. MèèèDèèèèèè! MèèèèèDèèèèèèè!

 

L'avion s'élance sur la piste. Plein gaz. Dans un vrombissement d'apocalypse. Je regarde mes enfants chéris. Sans doute sera-ce la dernière image d'eux que j'emporterai dans ma tombe....Ils sont morts de rire! Le petit, collé à son hublot, est aux anges, des étincelles plein les pupilles. Le visage de la cadette est barré d'un sourire d'une oreille à l'autre. Seule l'aînée est grave, le regard un peu inquiet. Je lui souris alors que l'avant de l'avion s'élève déjà. Je ne dois pas transmettre ma peur. Je n'ai pas le droit de leur gâcher leur baptème de l'air. Même si, à l'intérieur de mon corps, c'est la panique, je tâche de ne rien montrer en surface.

 

Et bien, vous le croirez ou non, mais l'accompagnement de ses marmottons est une bonne thérapie. J'ai réussi à surmonter mes peurs pour ne pas leur transmettre. Si, si!

 

Finalement,  je me demande si je ne vais pas me mettre au rugby, moi....

15/09/2005

Viva Polska (part III)

ou Comment s'alimenter dans un pays où l'on sait juste dire "bonjour" et "merci"...

Premier jour à Varsovie, après avoir marché 10 ou 12 bons kilomètres dans le centre, la marmotte, fidèle à sa réputation, demande: "quand est-ce qu'on mange??????"

C'est vrai quoi, l'appel de l'estomac, c'est sacré!

Nous tentons donc de trouver un "bar à lait", vestiges des cantines communistes, où, d'après "le Routard", l'on mange très bien pour pas cher. Nous sommes d'abord passés devant sans comprendre qu'il s'agissait d'une cantine -heureusement, le sus-dit "Routard" indique les n° de rue-. Une nuée de petits gosses tout blonds jouaient devant une vitrine crasseuse derrière laquelle s'alignaient de petites tables en formica d'un autre âge. Véritables explorateurs des temps modernes, nous poussons la porte, très courageux mais quand même vachement intimidés...

Une foule se presse devant un grand tableau que nous supposons être la liste des plats -en fait un succession de mots étranges pleins de consonnes, surtout des "z" et des "k"-.

...?

Là, je maudis cette c... de méthode Assimil dont j'ai ingurgité les premières leçons et qui ne m'a appris aucun des mots qui sont inscrits. Nous restons là, bouche bée, devant cette liste interminable de mots (c'est vrai, ils ont un sacré choix!!), complètement impuissants. C'est bizarre cette sensation devant une langue inconnue: comme si les mots étaient devenus muets, vides. Dans cette marée de consonnes, j'aperçois un mot: "kotlet". Ouf! sauvés, je pourrais au moins dire quelque chose.

Nous comprenons, en observant les va-et-vient des clients, qu'il faut commander ses plats à la grosse dame blonde avec des lunettes, là-bas; laquelle donne un ticket que l'on transmet au passe plat de la cuisine....et puis l'on attend que l'on vous appelle au passe-plat.

Elle n'a pas l'air commode la dame!

- proch krtschmznavzratch?

-...?

- grrchmnikroutchmantchz?

...

Là, tu avales ta salive, tu prends ton courage à deux mains -déjà, se faire engueuler en français, c'est pas drôle, mais en polonais, ça fout vraiment les jetons-.... et tu lances d'une voix fluette:

-kotlet?

Et puis, tant pis, l'instinct de survie te donne des ailes parce que tu as faim et que tu as mal aux pieds tellement tu as marché, alors, fichtre, tu dis n'importe quoi, un mot de la liste au hasard, parce que non tu ne sortiras pas de ce bouge sans avoir l'estomac rassasié!

La marmotte en chef, lui, c'est un petit malin. Depuis un moment, ce n'est pas sur le panneau de consonnes qu'il faisait son choix, mais dans les assiettes des convives déjà installés.

- ça....et ça! ...et du doigt il montre le contenu de certaines assiettes. Je sais que ce n'est pas beau de montrer du doigt mais là, franchement l'heure était grave, les gens commençaient à s'impatienter derrière nous et l'hypoglycémie nous guettait!!

Nous donnons nos tickets bien gentiment et allons nous asseoir, en rigolant bien de notre première "aventure culinaire" polonaise. ... et puis, au bout d'un moment, je sens bien un regard insistant se centrer sur nous tandis que le volume sonore augmente

- ZUPA I KOTLET SCHABOWY !!!!

Mince, c'était nous qu'on appelait! Toute penaude, avec un "s'cusez mais c'est pas ma faute je suis française donc c'est bien connu je suis nulle en langues étrangères...surtout la vôtre" dans les yeux, je vais chercher mon plat. Là, pendant 5 minutes, les clients ont droit à un magnifique dialogue de sourds entre la cuisinière et moi. Celle-ci, de guerre lasse part en cuisine et revient avec une patate bouillie dans une louche.

- Aaaaaaah, des patates? ben oui, volontiers!

Le plus beau c'est nos deux sourires: nous avions enfin réussi à nous comprendre!

 

Vive l'Europe!

 

Au fait, une excellente soupe à la betterave, une escalope panée et des patates pour 2 euros, ça vaut bien un petit moment de honte, non?

07/09/2005

Viva Polska (part II)

Comme promis, je vous soumets quelques petites anecdotes survenues lors de nos pérégrinations polonaises.

 "Gulliver chez les géants".

 

Je tiens d'abord à préciser que je suis une marmotte d'une taille se situant dans la moyenne des françaises. 1m64 au garrot, certes ce n'est pas très haut sur pattes mais bon, pour autant je n'ai jamais ressenti ici l'impression d'être un vertébré de si petite taille.

 

 

Dès notre sortie de l'aéroport de Varsovie, en prenant le bus vers le centre, nos regards se croisaient, la marmotte en chef et moi, laissant transparaître des " 'tain, t'as vu c'te barraque?!!" devant tel ou tel Polonais rasé de frais (je parle du crâne, bien sûr) et dépassant sans nul doute les 1m90...

Lors de nos premières errances dans le centre de Varsovie, nous ne pûmes que constater que le Polonais moyen est taillé comme un athlète ou un joueur de handball....et c'est très frustrant d'arriver au menton des 3/4 des gens, croyez-moi.

Certes, vous passez incognito, ni vu ni connu, dans la masse des passants à qui vous ne risquez pas de boucher l'horizon, mais c'est très curieux de sentir les regards plonger directement sur le haut de votre crâne.

Cette situation, qui pourait sembler anecdotique, présente plus de désagréments qu'il n'y paraît à première vue:

Inconvénient 1/ lorsque vous vous adressez à quelqu'un, vous êtes obligé de tirer sur la nuque et de vous dresser sur la pointe des pieds (et oui, pour commander une bière -au hasard- vous êtes obligé de sautiller devant le comptoir pour que le barraqué derrière sa tireuse puisse vous apercevoir). C'est déjà pas évident de se faire entendre (très belle langue, mais boudiou, que c'est difficile) alors si en plus ils ne vous voient pas... Cela m'a rappelé lorsque,  gamine, j'allais chercher le pain et que la boulangère s'adressait au client derrière moi parce qu'elle ne m'avait pas vue derrière sa caisse enregistreuse.

 

Inconvénient 2/ Le comptoir n'est pas le seul objet taillé à l'échelle polonaise. Aux dires de la marmotte en chef, les pissotières aussi! Juste pile-poil à la hauteur. Un peu plus et il était obligé de pisser en l'air (fortement déconseillé si tu portes des tongues ou des chaussures ouvertes). Si tu mesures moins d'1m70, abstiens-toi...ou va aux toilettes pour filles (là, c'est standard)! 

 

Inconvénient 3/ Quand on est comme Gulliver chez les géants, on se perd plus vite! Et oui, surtout se tenir la main ou sortir encordés dans la rue sous peine de perdre beaucoup de temps à se retrouver... "Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaagh! Chéri où es-tu? Ouuuuuuiiiiiiiin, je suis perdue!!! Comment? tu étais juste à côté?...Ben ça alors! 't'avais pas vu derrière le petit monsieur qui frôle les 2mètres!!"

 

Inconvénient 4/ ...et non des moindres! Messieurs, attention au torticolis en Pologne. Parce que les filles aussi sont très grandes! La marmotte en chef a frôlé le port de la minerve à perpète à force de se retourner dans la rue sur des jambes de 2m de long surmontées de corps d'athlète et de chevelures blondes. Il est à noter, en outre, que la mini jupe semble très à la mode en Pologne. Enfin, je dis "mini jupe" mais je devrais plutôt dire "ceinture" car ledit vêtement dépasse rarement les 10 cm de long. Voici d'ailleurs une photo (pas la plus convainquante, je l'avoue, mais ce n'est pas évident de prendre des photos de ce genre sans passer pour une perverse) prise dans la charmante petite ville de Torun.

 

De retour au terrier...inutile de vous dire que j'étais contente de retrouver mes lapins NAINS!!

 

 

 

01/09/2005

Viva Polska (I)

En fait, je ne sais pas par quel bout commencer. Ne comptez pas sur moi pour vous faire une dissertation en 3 parties avec Granta/Petiha/Petibé...j'ai encore une multitude d'images, d'anecdotes et de sensations qui virevoltent dans mon esprit. Impossible de faire le tri pour l'instant.

La Pologne m'a ravie, séduite, à tel point que je suis encore sous le charme. Si, si.

Bien loin de l'image fréquemment admise d'un pays plutôt gris, plutôt triste et plutôt terne, la Pologne est en réalité tout le contraire. Les villes pétillent de couleurs et de vie. Les rues grouillent de monde à toute heure, les commerces sont ouverts tout le temps, les maisons et les terrasses sont couvertes de fleurs...Bon, certes, les blocs de béton des banlieues fleurent l'architecture communiste...mais ils n'ont rien à envier de nos propres cages à poules de banlieue!

Ce qui est le plus impressionnant, c'est qu'une ville comme Varsovie, détruite à 90% pendant la guerre, qui n'était plus qu'un amas de ruines fumantes et de tas de cailloux en 1945, ait su reproduire à l'identique le patrimoine d'avant guerre. Je n'ai pu m'empêcher de penser à nos villes normandes où l'on s'est empressé de reconstruire à la va-vite une multitude d'insipides blocs de béton gris. Il paraît qu'aujourd'hui on reconnait la haute valeur architecturale du bétonnage normand, que c'est devenu un "style"...ouais, bof! Cela reste quand même moche et noir, non?

Personnellement, je préfère les maisons style "Playmobil" de toutes les couleurs. C'est mimi, c'est gai, ça vous requinque le moral (il paraît, la presse ne cesse de nous le dire, que nous autres, Français, nous sommes moroses!!!). En haut, c'est Varsovie...et là, c'est Poznan. On dirait des maisons coloriées par des gamins. Qui n'a pas rêvé d'habiter dans une maison violette ou verte? Ah non? Pas vous? Mince alors, ça doit être mon côté un peu gamin qui n'a pas fini de grandir alors!

Et puis cette avalanche de fleurs, moi, ça me fait du bien aux yeux. Là, c'est une maison très proche de la maison natale de Copernic, à Torun. Des balcons fleuris comme ça, il y en a partout. Les terrasses des cafés sont couvertes de fleurs de toutes les couleurs. Les fleuristes restent ouverts très tard...et les gens s'achètent des fleurs comme on s'achèterait une chocolatine ou un paquet de clopes!! "Pouf! Tiens, je vais m'acheter une rose!". La marmotte en chef n'est pas d'origine polonaise...c'est peut-être pour ça qu'il ne pense pas à ramener une pâquerette de temps en temps. (et puis, c'est tellement rare que je penserais tout de suite qu'il a quelque chose à se faire pardonner!!!) 

Je m'aperçois finalement que cette première note sur mon séjour en Pologne, malgré mes craintes liminaires, reste centrée sur la couleur. Ce sera une sorte d'introduction visant à effacer de vos esprits les stéréotypes (que je partageais avant mon départ, je l'avoue) d'un pays gris et terne. Que les amateurs de bidonnages et gaudriole se rassurent: la marmotte n'est pas devenue sérieuse (y'a du boulot!) et les chapitres suivants aborderont des thèmes plus légers comme "putain, qu'ils sont grands les Polonais" "comment bouffer quand on parle pas la langue" "la bière à la paille" "la polonaise et la mini-jupe" "j'ai peur de l'avion" ou "comment j'ai compris les films à la télé polonaise"... Allez, "do widzenia" à tous.

30/08/2005

Ch'uis rentrée!

Ayé...de retour au terrier! BOUHOUHOUHOU! Finies les vacances! Au turbin! C'est la première fois que j'ai un cafard comme ça. Voulais pas rentrer, j'étais très bien en Pologne... je vous raconterai ....

Merci d'avoir engraissé les lapins: ils seront bientôt prêts pour une cocotte à la moutarde. Par contre...qui leur a donné l'idée de creuser une ligne de métro dans le jardin? C'était vraiment pas utile, le bus passe pas loin!

La nouvelle déco est pas mal...un peu "underground" peut-être, mais bon, ça doit être un fil conducteur avec les grands travaux lapinesques du jardin. Je reconnais là la patte de l'artiste naissant déjà entrevu dans un autre blog. Hein petit Cohen???

Gatito, j'avais planqué toutes les bouteilles...pourquoi donc t'être enfilé toutes les bouteilles de White Spirit ? L'ambiance graffitti peut-être?

Allez, je compte sur vous pour me convaincre que le retour au terrier a des bons côtés...et je reviens avec des photos de Polska!

12/07/2005

San Lorenzo

Cette année, c'est exceptionnel, je n'irai pas aux fêtes de Huesca -9-15 août- pour cause de voyage en Pologne. Une minute de silence siouplaît.
C'est pourquoi s'impose une petite note sur le déroulement immuable de ces festivités hautes en couleur.
D'abord, le costume: il faut être tout de blanc vêtu (sinon, en fin de journée, on voit pas les taches de vin) avec un foulard vert. Toute la ville arbore le blanc et le vert: du petit papi octogénaire au bébé dans sa poussette. C'est assez impressionnant de voir comment la ville entière se met au diapason.
Accessoire indispensable: le basilic. Il est de bon ton d'en prendre quelques brins à la main ou d'en accrocher au noeud de son foulard. Cette odeur puissante de basilic envahit les rues. Autre avantage, cela permet de couvrir en fin de journée, l'odeur tout aussi puissante de la vinasse.
Début de la première journée: La tradition veut que l'on se retrouve vers 9 heures pour prendre le petit déjeuner entre copains dans les multiples bars de la ville basse (ah oui, j'avais oublié de vous dire que Huesca serait la ville espagnole ayant le plus de bars proportionnellement au nombre d'habitants). Au menu: oeufs frits, patates baignant dans l'huile d'olive et ventrèche grillée (la ventrèche, au terrier, c'est de la poitrine de porc). Le tout arrosé abondamment de vin aragonais ou de bière. Indispensables agapes avant d'entamer une journée marathon (un peu comme la pasta party de nos amis sportifs): ça cale l'estomac, ça huile les parois intestinales, enfin, que du bonheur!
Vers 10 heures, toute la bande se retrouve devant la bodega d'un pote pour une dégustation gratuite (pardon, des dégustations) de vin de pêche (mélange tiédasse de vin âpre et de morceaux de pêche) à consommer sans modération par 40 degrés à l'ombre.
Oula, le temps passe vite. Il faut se préparer à "monter" à la cathédrale (située sur une colline dans la vieille ville). Pour une telle ascension, les arrêts sont fréquents dans les multiples troquets qui jalonnent le parcours. Rien ne vaut une petite bière bien fraîche pour se maintenir en forme tous les cent mètres (un peu comme les arrêts citron/flotte dans un marathon). Pour égayer le trajet, sont parfois organisées des parties spontanées de rugby/pastèque (gare à celui qui échappe le "ballon" car tous les joueurs se précipitent sur les restes éparpillés pour vous en maculer la tête).
Arrivée sur la place de la cathédrale : des centaines de jeunes (et de moins jeunes) sont rassemblées là, sous les fenêtres de la mairie, ou plutôt entassées car il est difficile de caser plus de monde. Danses effrénées (enfin, ce sont plutôt des sautillements verticaux, y'a pas de place), lancers multiples de vinasse, chants de guerre...en attendant la fatidique explosion du pétard à midi qui marque l'ouverture officielle des fêtes.
La redescente de la colline est tout aussi lente et ponctuée de pauses bière. Parfois, l'on se campe devant des fenêtres ou balcons en criant "a-gua, a-gua" et les habitants, dans un grand élan de générosité, envoient de salvateurs seaux d'eau. Si tu es blonde et attachée à ton brushing, amie lectrice, ne viens pas aux fêtes de Huesca, tu risquerais de succomber à une attaque cardiaque!

C'est pas le tout, mais le sport, ça creuse! Les copains improvisent donc un repas...dans la rue! Grande tablée à la gauloise avec paëlla géante. Souvent les passants se retrouvent à table avec nous...Tout le monde discute avec tout le monde.

Puis pause: une petite sieste puis une bonne douche (pour enlever les pépins dans les cheveux) avant d'entamer une nuit de folie dans les bars de la ville. Toute la troupe a rendez-vous le soir dans l'appartement central (au-dessus d'une antenne du consulat de France!!) que cette joyeuse bande de tarés louent en commun pour y faire la fête tout au long de l'année. Pendant que l'on prépare un caipiriña géant (glace pillée préparée en mettant des glaçons dans une jambe de pantalon que l'on massacre contre le sol...miam), de multiples jeux s'improvisent: pêche à la ligne (il faut arriver à attraper le drapeau français à l'étage au dessous...opération réussie en 2004) ou lancers de verre d'eau sur les cibles mouvantes qui passent sous les fenêtres...
Au cours de la nuit, le mot d'odre est "déconnade en tout genre" et "paris à la con" (comme rentrer le plus grand nombre de participants dans une cabine téléphonique....record à battre:11 adultes).

Je passe ici les après-midi corridas (peut-être une note ultérieure)...mais ces moments-là sont pour moi vraiment précieux. Des moments de camaraderie, de rigolade où l'on retrouve son âme de gosse, où l'on ne se préoccupe pas des convenances sociales, où souffle comme une petite brise de liberté. Je ne pourrai pas être des leurs cette année mais le 9 août, c'est certain, mon coeur se serrera à midi quand à plusieurs milliers de Km de Krakow, où je serai,le pétard de Huesca ouvrira les festivités...

09/06/2005

Le bonheur est dans le pré...

Dimanche dernier, la tribu des marmottes est "montée" (sur la carte) dans la famille de la marmotte en chef pour des retrouvailles familiales: maison de campagne dans un petit village de Dordogne, près de Saint Emilion.

L'air était chaud, comme un souffle d'été; au loin, les longues algues couraient sur une Dordogne léthargique; le vent sentait l'herbe fraîchement coupée et la menthe sauvage...c'était tout simplement beau.

L'apéro qui s'éternise sur la terrasse autour des pissaladières faites maison. La famille de Lyon est là. On se raconte le temps qui passe pendant que les marmottons courent sur la pelouse avec les petits cousins comme une nuée de moineaux. Les chiens ont la langue pendante après leur course effrénée dans les maïs...On est bien, on n'en partirait pas de cette terrasse.

Vers 15 heures, on passe quand même à table, cette longue table flanquée de bancs de bois où toutes les générations se mélangent. Les murs de pierres diffusent leur fraîcheur bienfaitrice. On attaque les huîtres (laiteuses à souhait comme je les aime) et les asperges du jardin de l'oncle Titi. Puis viennent le rôti de boeuf et les tranches de veau qui ont gardé le fumet des vieux ceps de vignes sur lesquels ils ont été cuits dans le jardin. Rituel incontournable: on goûte les vins. Du Saint-Emilion, bien sûr, mais aussi des Pomerols. On compare les couleurs, les saveurs... Les papilles frétillent, tous les sens sont en alerte.

Après les tartes aux fraises du jardin et le café (j'allais oublier l'Armagnac pour nettoyer les fonds de tasses)... tout le monde émigre au jardin. La "dream triplette" se lance dans un championnat de pétanque à l'ombre des acacias. La marmotte en chef persuade les plus minots d'aller taquiner le poisson dans l'étang au fond du jardin. Les femmes entourent le petit dernier (8mois) en prenant le soleil sur la terrasse. Quant à moi, un délice, je me lance dans l'ascension du grand cerisier pour traquer les burlats les plus noires, tout là haut là haut. Je retrouve mes sensations d'enfance, quand mon activité favorite était de grimper aux arbres et d'observer le monde de la plus haute branche: bien caler les pieds dans les fourches, équilibrer le poids (quoi? quoi? quel poids?!), tendre les doigts bien loin pour attraper cette cerise, là-bas, tout au bout, qui est plus belle parce qu'elle est inaccessible, penser à cueillir des doubles et des triples pour que les marmottons fassent des boucles d'oreilles...

Dans la soirée, partie de ping-pong passionnée (le marmotton en chef visait le 21/0, c'était sans compter sur ma ténacité...et puis je lui ai laissé la place fasse au soleil pour qu'il soit ébloui. Gnârf!)

Un dimanche simple, aussi tranquille que le cours de la Dordogne ... un de ces dimanches qui sentent le bonheur à plein nez.

15/05/2005

Comment gonfler son entourage dans un trajet en voiture...

Aujourd'hui est un dimanche bien calme: la marmotte en chef (comme vous l'aurez remarqué ce n'est pas moi) est en train de repeindre une pièce du terrier aujourd'hui inoccupée (il ne doit pas y avoir de match de rugby à la télé), ça l'occupe un peu et comme il est très peu bricolo (tenir un pinceau lui fout des ampoules, véridique!) ça lui tane un peu le cuir,... les marmottons en âge d'être scolarisés font leur devoirs (même si je crois que ce lundi de Pentecôte, l'école va plutôt ressembler à un centre aéré)... et le plus petit des marmottons joue à Lapin malin à 50 cm de moi! C'est pourquoi j'implore mes lecteurs de faire preuve d'une grande indulgence: j'avoue avoir du mal à me concentrer avec le son de l'autre ordi à fond ("for-mi-da-ble, tu-as-ga-gnéééééééé" ding ding boumboum "essaie encore une fois" ding ding boum boum)


Je vous ai raconté notre escapade marmottone d'hier... mais j'ai ommis un élément non négligeable: le trajet!
Certes, le terrier n'est pas très distant des terres ibères mais il faut somme toute une bonne heure et demie d'autoroute...j'ai donc eu idée de mettre à profit ce temps de latence (et surtout de couper court à toute tentative de jeu tel que "ni oui ni non" -pourtant d'actualité- ou "le premier qui voit une voiture rouge"... jeux qui au demeurant ont le mérite d'éviter les multiples "c'est quand qu'on arriiiiiiiveu?" ou "c'est encore loooiiinnn?" ou "pipiiiiiii!!!!!")...Je m'aperçois que ma parenthèse est plus longue que ma phrase principale...quand je vous disais que ça me déconcentre ce c.. de jeu!!

J'ai donc décidé unilatéralement (j'ai profité de l'impuissance de la marmotte en chef qui était au volant) de réviser mon polonais... Au grand dam des autres occupants, j'ai collé mes CD de polonais et, munie de mon petit cahier et de mon bouquin, "tout le monde répète après moi: prosze Zywiec i schab, to swietnie"!! (désolée, j'ai pas trouvé les cédilles sous les "e" et les points sur les "z")

J'étais toute contente, je suis passée à la leçon 6!!!! Immense avantage lorsqu'on gonfle son entourage avec ses CD: le temps passe plus vite (bien sûr, parce qu'on est occupé...mais aussi et surtout parce que le conducteur veille à abréger au plus vite ce supplice)...La guardia civil cherche encore la voiture qui est passée à 230 km/h sans s'arrêter au péage...

Par contre, ma tactique s'est retournée contre moi durant le trajet retour. J'ai eu le malheur de succomber à une légère somnolence (l'océan me fait toujours cet effet...surtout lorsqu'il est conjugué à la digestion de succulents poulpes à la galicienne)...et la marmotte en chef en a profité pour se venger bassement, saisissant l'occasion de ma faiblesse passagère pour nous infliger les résultats de toutes les équipes de foot, de rugby, de pétanque et de lancer de javelot du globe.

ça m'apprendra!

Samedi à Donostia

Comme nous avons tous survécu vendredi aux assauts des échelles et des chats noirs, nous avons décidé de sortir du terrier et de passer la journée en terres ibériques. La tribu est donc juste de retour de San Sebastian (pays basque espagnol)...et comme il semblerait qu'il y ait ce soir encore des résultats sportifs à la télé (sont jamais en vacances ces gars-là?) me revoilà devant mon écran.

Itinéraire presque immuable...D'abord, pour partir d'un bon pied dans le dédale des petites rues du vieux quartier, passage obligé chez Goiz. En fait, ce n'est pas tout à fait un bar, c'est juste un couloir: 1m de large le long du comptoir, tout en longueur. La foule s'y entasse, s'y agglutine, s'y colle, jusque dans la rue. Toutes les générations s'y cotoient joyeusement, de la petite mamie qui vient boire un txacoli avec ses copines aux groupes de jeunots qui viennent se prendre une petite mousse...Le plus dur est d'accéder à l'autel, pardon, au comptoir...Tu essaies de te faire tout mince, tu passes en biais, tu contournes, tu zigzagues, tu évites les pieds, les coudes...et alors là, enfin, tu peux passer commande: 2 demis (on change pas une affaire qui marche) et deux brochettes de gambas...ça, c'est une délectation. Imaginez quatre gambas gentiment alignées sur une pique avec un petit manteau de lard, grillées à la plancha et recouverte d'une vinaigrette basque à base de poivron...J'en salive encore! Le seul problème, c'est qu'il faut faire le trajet inverse avec les mains prises: tu te fais tout mince, tu contournes, tu passes en biais et tout et tout...mais avec les mains -chargées- en l'air pour protéger ton précieux butin et l'oeil en alerte sur le niveau dansant de tes verres. Ce serait ballot d'arriver à destination les verres vides et le Tshirt mouillé!

...et ta journée coule, nonchalante, insouciante parmi les ruelles, les petites boutiques, la promenade sur la plage... jusqu'à ce qu'une marmotte se rende enfin compte de l'heure. Diantre! il faut rentrer! C'est que nous ne sommes pas d'ici, m'sieu dame. Juste le temps de s'arrêter acheter des clopes (ben vouais, le paquet à 1,5 euro...c'est tentant!) et zou, via le terrier!

Mince, ça doit être fini le sport à la télé, v'la la marmotte en chef qui s'impatiente...je vous raconterai la suite une autre fois. Agur! (ça veut dire Ciao en basque)

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